Convaincre les rétifs au vaccin antigrippe

Réservé aux abonnés
Publié le 22 novembre 2008
Mettre en favori

Il est possible de convaincre les derniers récalcitrants au vaccin antigrippal. Les GROG (groupes régionaux d’observation de la grippe), lors de leur 11e journée qui s’est tenue à Paris le 13 novembre, ont fourni plusieurs arguments pour contrer les objections.

« L’an dernier j’ai eu la grippe, pourtant je m’étais fait vacciner » : peu probable. « Sur les 1 400 prélèvements effectués par les médecins des GROG entre le 1er octobre et le 15 avril 2008, et positifs pour la grippe après analyse virologique, une centaine provenait de patients vaccinés », précise Jean-Marie Cohen, coordinateur des GROG. Les vrais grippés étaient donc à 93 % des patients non vaccinés.

« Le vaccin de l’année dernière me protège encore un peu » : impossible, car cette année toutes les souches vaccinales sont nouvelles.

Charité bien ordonnée comme par soi-même

« Le vaccin, c’est pour les retraités » : si la vaccination est effectivement assez largement suivie chez les plus de 65 ans, elle est recommandée pour les patients atteints de certaines maladies chroniques. Et, dans ce cas précis, elle très mal suivie. Idem chez les personnels de santé, vecteurs potentiels, et chez la femme enceinte qui pourrait apporter une protection à son enfant durant les premiers mois de sa vie. En effet, la grippe touche en premier lieu les enfants. Aux Etats-Unis, le vaccin est d’ailleurs recommandé chez l’enfant. Au Canada, il l’est pour tous.

« Je préfère attendre que l’épidémie soit déclarée » : le vaccin administré dès le début octobre couvre largement toute la période épidémique. Une vaccination trop tardive laisse un « trou » de protection d’une dizaine de jours sans immunité.

Publicité

L’année dernière, la grippe est arrivée la semaine du 7 janvier et a franchi le pic épidémique le 7 février. Classée « modérée » par les épidémiologistes, elle a tout de même fait plus d’1,5 million de « vrais » grippés, majoritairement chez les enfants : 6,6 % des 5-14 ans et 4,4 % des 0-4 ans ont eu la grippe. « Et le risque de pandémie existe toujours, même si on n’en parle plus trop ! » souligne Jean-Marie Cohen.