L’UFC dénonce les surprescriptions d’antiagrégants plaquettaires

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Publié le 26 janvier 2008
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L’association UFC-Que choisir poursuit sa « chasse au gaspillage », selon les termes de son président Alain Bazot, et publie une nouvelle étude des prescriptions (voir aussi Le Moniteur 2694). Cette fois sur les antiagrégants plaquettaires. Entre 2002 et 2006, 350 millions d’euros de dépenses apparaissent médicalement injustifiées. Ce montant a augmenté de 88 % sur cette période. Sans « aucune explication rationnelle », souligne Christophe Le Guéhennec, chargé de mission au service Etudes et communication de l’association. En poussant l’analyse médicament par médicament, l’UFC-Que choisir désigne Plavix comme responsable. Il a vu ses dépenses croître de 120 % entre 2002 et 2006, contre une diminution de 10 % pour les autres antiagrégants plaquettaires.

La VM met la pression

Ces résultats s’inscrivent après la publication des rapports de la Cour des comptes puis de l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS). Les deux organismes pointaient déjà l’influence de l’industrie pharmaceutique sur les prescriptions dans un pays qui compte 1 visiteur médical pour 9 médecins libéraux, soit deux fois plus qu’en Angleterre ou en Allemagne et quatre fois plus qu’aux Pays-Bas. l’UFC-Que Choisir suggère donc de créer 1 700 postes de visiteurs médicaux publics, qui officieraient sous l’égide de la Haute Autorité de santé. Leur coût annuel, estimé à 200 millions d’euros, pourrait être financé par la taxe sur les laboratoires. L’association appelle également, à l’instar de l’IGAS, au « désarmement promotionnel » des laboratoires et va le proposer au gouvernement.

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