- Accueil ›
- Business ›
- RH et management ›
- Carrière ›
- Les pharmaciens ont toute leur place
Les pharmaciens ont toute leur place
L’éducation thérapeutique est un domaine dans lequel les officinaux ont incontestablement un rôle majeur à jouer. Mais en se formant !
Les pharmaciens n’ont pas attendu la sortie du guide de la HAS pour commencer à faire de l’éducation du patient à l’officine. A Toulouse, sous l’impulsion de Robert Pujol, un officinal enseignant à la fac de pharmacie, le cursus des étudiants de sixième année comporte dorénavant 30 heures d’éducation thérapeutique. Les étudiants en ont bien compris l’intérêt et en raffolent. L’ETP est d’ailleurs intégrée à la formation continue depuis deux ans. « Tout reste encore à faire et à créer, explique Robert Pujol, qui a également participé au groupe de travail pour l’élaboration du guide méthodologique de la HAS*. Certains pharmaciens font certes un peu d’ETP, mais de façon non structurée. Il faut avoir des clés pour le faire, apprendre les bases des techniques de communication. Cela ne s’improvise pas. Il faut personnaliser sa démarche pour être vraiment efficace auprès du patient. Cela ne peut pas être un discours standard. »
Catherine Tourette-Turgis, maître de conférences en éducation de la santé à Rouen, fait remarquer qu’« il faut introduire dans les programmes les variables psychosociales : facteurs fragilisants ou, au contraire, facteurs protecteurs comme l’estime de soi qui permettent de se traiter et de vouloir apprendre à mieux le faire. » Certes, mais passer 3 ou 4 heures à faire de l’ETP, c’est un investissement en temps énorme, impossible à gérer gratuitement de façon répétée. « Pour moi, la vraie révolution, ce serait l’ETP rémunérée, ajoute Robert Pujol. Il pourrait par exemple être négocié un forfait pour la délivrance d’un lecteur de glycémie. »
L’industrie sur les starting-blocks
En attendant, il n’y a pas à hésiter, il faut se former à l’éducation thérapeutique pour faire en sorte que l’officine soit un lieu privilégié d’éducation thérapeutique. Sinon, d’autres le feront. Même si cela n’est pas du goût de tout le monde, le guide de la HAS acte déjà clairement l’industrie pharmaceutique comme un acteur incontournable de l’ETP « grâce à ses subventions, ses aides logistiques et ses actions d’éducation thérapeutique ». Jean-Charles Tellier, président du conseil central A de l’ordre national des pharmaciens, a rappelé, lors d’une table ronde sur l’éducation et l’accompagnement thérapeutique organisée le 14 novembre, dans le cadre d’une conférence organisée par Les Echos, la légitimité des pharmaciens dans ce rôle. Selon lui, la relation de proximité avec le patient permet de dire « On compte sur vous, nous allons ensemble vers un même but thérapeutique » pour, comme le dit Catherine Tourette-Turgis, « vous aider à maintenir le plus haut degré de santé possible ». Rien de plus, et c’est déjà beaucoup.
* « Structuration d’un programme d’éducation thérapeutique du patient dans le champ des maladies chroniques. Guide méthodologique ».
** « L’éducation thérapeutique dans la prise en charge des maladies chroniques. Analyse économique et organisationnelle ».
Rapports disponibles sur http://www.has-sante.fr
500 euros par patient
Une enquête sur 59 des 732 structures existantes** a permis de dresser un état des lieux (hors structures hospitalières).
La rémunération des intervenants est assurée en majeure partie par la dotation nationale de développement des réseaux. Les rémunérations montrent une très grande disparité : 34 à 75 euros de l’heure pour une séance collective animée par une infirmière, 43 à 57 euros de l’heure si elle est animée par une diététicienne, 31 à 200 euros de l’heure si elle est animée par un médecin. Pour une séance individuelle, les montants passent de 11 à 15 euros par séance pour une infirmière à 56 à 60 euros pour les médecins.
Au final, le coût d’une ETP revient à environ 500 euros par patient. Outre une motivation accrue des patients au respect de leur traitement, on peut aussi facilement imaginer l’impact positif de l’ETP en termes de coût pour les organismes payeurs : baisse des frais d’hospitalisation, baisse des rechutes…
- Pharma espagnole : 9 milliards d’investissements et une réforme en vue
- Réforme de la facture électronique, mode d’emploi
- Mon espace santé : un guide pour maîtriser l’accès et la consultation
- Fraude à la e-CPS : l’alerte discrète mais ferme de l’Agence du numérique en santé
- Pharmacie de Trémuson : une officine bretonne pionnière en RSE et qualité
- Comptoir officinal : optimiser l’espace sans sacrifier la relation patient
- Reishi, shiitaké, maitaké : la poussée des champignons médicinaux
- Budget de la sécu 2026 : quelles mesures concernent les pharmaciens ?
- Cancers féminins : des voies de traitements prometteuses
- Vitamine A Blache 15 000 UI/g : un remplaçant pour Vitamine A Dulcis
