Mon métier est-il toujours le plus beau ?

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Publié le 12 juin 2004
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Salaire, future installation, relations avec le titulaire, formation… Quatre ans après un premier sondage, « Le Moniteur » a souhaité réinterroger les adjoints sur leur situation actuelle et leurs attentes au sein de l’officine. 2000 – 2004 : mêmes combats !

Qu’est-ce qui vous plaît le plus dans votre métier ?

Les adjoints broient du noir : 43 % se disent pessimistes sur l’avenir de la profession contre 37 % d’optimistes et 20 % d’indécis. Et il y a vraiment de quoi s’inquiéter. Pour deux raisons. D’abord parce que le sentiment des adjoints sur leur métier n’a pas varié en quatre ans. En 2000 déjà, lorsque Le Moniteur avait posé la même question, 45 % d’entre eux se disaient « plutôt pessimistes ». Ensuite et surtout parce que les adjoints qui ont répondu à notre sondage sont jeunes, très jeunes : 60 % ont moins de 35 ans !

Qu’est-ce qui vous plaît le moins dans votre métier ?

Manque de considération ou absences de perspectives professionnelles, les adjoints sont mal dans leur métier. Si c’était à refaire, seul un sur deux s’engagerait à nouveau dans cette profession, sans doute déçu de ne pas faire quotidiennement à l’officine ce pourquoi il a été préparé. Ce sentiment de décalage entre formation initiale et pratique quotidienne est fort : 54 % des adjoints disent le ressentir.

Votre formation initiale vous a-t-elle bien préparé à ce que vous faites à l’officine ?

L’absence de plan carrière (59 %), le salaire insuffisant (48 %) et les horaires trop lourds (42 %) sont les items les plus souvent cités comme éléments les moins plaisants du métier. Plus inquiétant, d’autres sources de mécontentement se font nettement jour : l’obligation d’effectuer des tâches qu’ils réprouvent déontologiquement, (22,5 %), la primauté du commercial sur le médical (35 %) et le manque de reconnaissance du titulaire (36,5 %). A croire que les adjoints ont le sentiment de ne pas faire le même métier que leur titulaire, de ne pas avoir les mêmes aspirations, de ne pas être partie prenante du fonctionnement de l’officine.

Si c’était à refaire, choisiriez-vous l’officine ?

C’est une tendance lourde : à la question « Votre titulaire vous implique-t-il dans les choix stratégiques de l’officine ? », 64 % répondent non. Ils étaient déjà 69 % en 2000… Malgré tout, donner des conseils, les relations avec les clients, délivrer des ordonnances, le triptyque au coeur du métier, a encore les faveurs d’une large majorité d’adjoints. Respectivement 86 %, 76 % et 53 % disent que c’est ce qui leur plaît le plus. Mais ils exercent aussi beaucoup d’autre tâches : gestion du tiers payant (46 %), rangement des commandes (43 %), caisse (41 %), gestion des stocks (40 %), responsabilité d’un rayon spécifique (38 %), gestion de l’informatique (26 %). Mais ce sondage ne dit pas si les adjoints sont satisfaits d’effectuer toute ou partie de ces missions. Beaucoup sont aussi celles qui sont occupées par les préparateurs.

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FICHE TECHNIQUE

Les 558 réponses à ce sondage, réalisé au cours des trois premières semaines de mai, ont été recueillies soit directement sur le site Internet du Moniteur (135 votes), soit par l’intermédiaire de courriels envoyés aux adjoints inscrits sur le site (423 votes). 415 femmes y ont répondu (74,37 %). Les répondants sont majoritairement jeunes : 57,17 % ont entre 25 et 35 ans, 26,34 % entre 36 et 45 ans, 14,7 % entre 46 et 55 ans. Ils exercent majoritairement en milieu urbain (61,11 % de notre échantillon) et à temps plein (63,62 %). Ils sont en CDI pour 88,71 % d’entre eux.