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Hypnotiques ou hypnose ?
Le dernier dossier d’enregistrement que j’ai eu à connaître lorsque j’étais encore employé dans l’industrie pharmaceutique concernait l’un de ces hypnotiques réputés « non benzodiazépiniques ».
Sur la base des résultats d’efficacité et, plus encore, de tolérance, j’étais convaincu qu’un tel produit ne pouvait être que rejeté par l’autorité sanitaire. C’était il y a presque vingt ans : on est naïf quand on est jeune…
En fait, cette super pseudo-innovation a été enregistrée en un temps record et a puissamment contribué aux bénéfices et à la croissance du fabricant, via notamment un enregistrement ultérieur outre-Atlantique.
Si ce succès m’a forcé à une révision déchirante quant à ma crédibilité en matière d’affaires pharmaceutiques, rien de ce que j’ai lu depuis ne m’a incliné à reconsidérer mon évaluation technique : et je ne parle que des données publiées…
Le National Institute for Clinical Excellence, sorte de commission de transparence britannique, vient de rendre sa copie : rien ne permet de distinguer ces « innovations » des benzodiazépines classiques, d’où la consigne aux prescripteurs de viser le produit le moins cher (BMJ 2004 ; 328 : 1093).
Si les hypnotiques non benzodiazépiniques n’ont ainsi aucune supériorité pour garantir la qualité du sommeil, leurs fabricants sont inégalables pour endormir la raison des prescripteurs (et des autorités sanitaires) : nouvel effet « paradoxal » ?
En tout cas, le réveil de l’assurance maladie risque d’être vaseux…
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