Emend : premier antagoniste des récepteurs NK1

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Publié le 16 octobre 2004
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APRÉPITANT

La classe des antiémétiques incluait jusqu’alors des antagonistes dopaminergiques – antipsychotiques et molécules plus spécifiques : alizapride (Plitican), métopimazine (Vogalène), métoclopramide (Primpéran) -, des antagonistes sérotoninergiques (sétrons) et des glucocorticoïdes (cannabinoïdes de synthèse, non utilisés en France). L’aprépitant exerce au niveau du cerveau une action antagoniste sur les récepteurs à la neurokinine 1 (NK1), lesquels ont comme ligand endogène la substance P. Ce peptide est le plus abondant dans le système nerveux central. Formé d’une chaîne de onze acides aminés, il est impliqué dans de nombreuses perturbations physiopathologiques : la douleur, la migraine, les psychoses, l’anxiété et les nausées. La substance P est isolée notamment des fibres vagales afférentes au niveau du tube digestif mais également de l’area post-rema ainsi que du noyau solitaire du vague, autant de sites où son injection déclenche, sur le modèle animal, des vomissements.

L’aprépitant n’est pas utilisé seul en thérapeutique. Deux études cliniques de phase III, multicentriques, randomisées, en double aveugle, ont évalué l’intérêt, dans la prévention des nausées et des vomissements induits par le cisplatine, de l’association ondansétron et dexaméthasone (sétron + corticoïde à J1 puis corticoïde isolé de J2 à J4) par rapport à la même combinaison associée de plus à l’aprépitant (J1 à J3). Ce triplet s’est révélé supérieur d’environ 20 % à l’association double en termes d’efficacité, sans modifier de façon significative l’incidence des effets indésirables. L’Afssaps, dans ce cadre précis a donné à Emend une ASMR de niveau III.

Voir « Le Moniteur » n° 2550 du 25.09.2004.

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