Vesicare : la sélectivité vésicale, atout pour la tolérance

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Publié le 20 novembre 2004
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SOLIFÉNACINE

La solifénacine est un anticholinergique. C’est un antagoniste compétitif spécifique des récepteurs muscariniques présentant une sélectivité relative pour le sous-type de récepteur M3 qui assure la transmission cholinergique au niveau des fibres lisses et des glandes exocrines. Il exerce une activité très sélective sur la vessie, supérieure à celle observée sur les fibres innervant les glandes exocrines. En bloquant les récepteurs muscariniques M3 du muscle vésical lisse, la solifénacine empêche la fixation de l’acétylcholine et inhibe de ce fait la contraction musculaire – d’où son indication dans l’hyperactivité vésicale. Elle s’ajoute à l’oxybutynine (Ditropan, Zatur), à la toltérodine (Détrusitol), au trospium (Céris) et à un antispasmodique dépourvu d’action anticholinergique, le flavoxate (Urispas).

La solifénacine, évaluée au cours de 3 essais randomisés comparatifs versus placebo et toltérodine, ayant inclus plus de 3 000 patients, s’est révélée active sur l’ensemble des manifestations symptomatologiques d’hyperactivité vésicale : après 3 mois de traitement, les épisodes de miction impérieuse ont été réduits versus placebo de 49 % (à 5 mg/j) et de 55 % (à 10 mg/j) ainsi que le nombre de mictions quotidiennes (19 % et 23 % respectivement), alors que le volume urinaire par miction était augmenté (21 % et 26 % respectivement). Vesicare est efficace quelle que soit la sévérité des symptômes, dès la première semaine du traitement, son effet augmentant sur une période pouvant aller au moins jusqu’à 12 mois, sans signes d’accoutumance. Quelque 60 % des patients redeviennent continents après un an de traitement. L’évaluation solifénacine versus toltérodine suggère une meilleure efficacité apparente de Vesicare, mais elle ne bénéficie d’aucune analyse statistique.

La solifénacine inhibe peu la sécrétion salivaire : seulement 11 % des patients traités ont rapporté la survenue d’une sécheresse buccale (à la dose de 5 mg/j) contre 4 % pour le placebo ; 90 % des sujets traités (5 mg/jour) ont poursuivi le traitement pendant un an. Vesicare n’a pas encore reçu d’avis de la Commission de la transparence.

Voir « Le Moniteur » n° 2553 du 16.10.04.

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