vaccination : Le BCG, c’est plus obligatoire

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Publié le 15 octobre 2005
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Voilà des années que le débat sur la vaccination obligatoire des nourrissons par le BCG fait rage. La polémique sera ravivée le 1er janvier 2006 avec l’arrêt (1) de commercialisation du Monovax. Dans ce contexte, le groupe de travail constitué par l’Académie de médecine – et rejoint par le réseau Infovac – a rappelé mardi des recommandations claires : face à la stabilité des cas français de tuberculose (10,2/100 000 hab.), la vaccination doit être restreinte aux enfants à risque (2), soit environ 100 000 des 750 000 naissances annuelles. Cette restriction permettra-t-elle de contenir les risques de recrudescence de la tuberculose en Ile-de-France et PACA, où l’incidence est dix ou vingt fois supérieure à la moyenne nationale ? Pas si sûr. L’Académie de médecine préconise donc que ces changements soient associés à une refonte du plan de lutte contre la tuberculose.

Dernière inconnue du débat : le comportement des professionnels de santé et du grand public vis-à-vis des nouvelles modalités de vaccination. A partir de 2006, la seule vaccination BCG disponible sera intradermique. Les médecins, peu formés à cette technique, se disent réservés quant à sa pratique en routine : injection délicate, souche plus réactogène, contre-indication du patch Emla. Le contexte n’est guère idéal pour une bonne acceptation des parents.

L’Académie de médecine encourage donc les pouvoirs publics à réformer rapidement la loi car, en janvier, la distorsion entre réticence des praticiens et des familles et respect de la loi, exigé par les collectivités locales (écoles, crèches…), pourrait faire des remous.

(1) Motifs invoqués par les fabricants : la non-conformité avec les exigences européennes en termes de stabilité et d’homogénéité.

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(2) Enfants ou parents originaires de régions endémiques, séjour prolongé dans ces régions, contact avec une personne malade.