FORMATION : Les diabétologues tendent la main aux officinaux

Réservé aux abonnés
Publié le 8 avril 2006
Mettre en favori

Les relations entre pharmaciens et médecins spécialistes sont souvent inexistantes. Quand elles ne sont pas conflictuelles ! Les diabétologues n’échappent pas à ce travers, par méconnaissance le plus souvent. Mais un groupe de diabétologues libéraux de la région parisienne s’emploie à faire évoluer la situation. Ils ont donc créé l’association Off#amp;Diab (pour Officine et Diabète) en avril 2005. L’objectif : promouvoir la collaboration des équipes soignantes en diabétologie avec les officinaux via la formation et des échanges actifs. « Les pharmaciens sont les sentinelles de la santé. Nous, les diabétologues, nous voyons 2 % des patients diabétiques. Les pharmaciens, eux, les voient tous, tous les mois ! », souligne Dalila Lalej, présidente de l’association et diabétologue à Pontault-Combault (77).

Une enquête menée auprès de 200 patients par les officinaux montre une carence en information et en suivi de la prise en charge de leur maladie. « Cela souligne l’intérêt d’un renforcement éducatif dans l’officine. Nous avons donc souhaité favoriser la généralisation du binôme diabétologue-officinal », explique Dalila Lalej. La première étape est la formation des officinaux par les diabétologues de leur région grâce à un kit fourni gratuitement par l’association. Il comprend six sessions thématiques (les diabètes, les complications, le pied, les traitements, la diététique et l’activité physique, psychologie et diabète) et a été validé par des experts. Les sujets sont abordés sous un angle très pratique.

Impliquer 10 000 officines. Les spécialistes de l’association ont déjà formé plus de 400 officinaux (pharmaciens et préparateurs). Après l’Ile-de-France, des groupes se constituent actuellement à Nîmes, Tarbes, Evreux, Amiens, Caen… Et les évaluations pré- et postformation montrent une nette amélioration des connaissances ainsi qu’un impact majeur de la formation sur la perception de la maladie : 84 % des officinaux pensent que le diabète de type 1 est la forme la plus grave avant une formation, ils ne sont plus qu’un tiers après.

Ce dynamisme fait boule de neige : publication d’une lettre bimestrielle depuis février 2006, un premier congrès le 4 avril qui a réuni 250 officinaux… L’objectif affiché de Off#amp;Diab est ambitieux : impliquer 10 000 officines en constituant des équipes locales soudées autour du diabétologue pour mieux répondre aux besoins des patients diabétiques.

Publicité

Contact : offdiab@wanadoo.fr, Dr Lalej : 06 08 16 22 69.