Succicaptal : un antidote ciblé Pb et Hg

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Publié le 18 novembre 2006
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Succimer

Le succimer est un antidote, chélateur des métaux lourds. Cet analogue du dimercaprol (plus connu sous le nom de BAL = British antilewisite) forme avec le plomb, le mercure et l’arsenic des complexes stables, atoxiques, hydrosolubles et augmente ainsi leur élimination urinaire. A la différence du calcium édétate de sodium (EDTA) et du BAL, injectables, il s’administre par voie orale. De plus, le succimer a l’avantage de ne pas entraîner de déficit cliniquement significatif en sels minéraux essentiels (calcium, fer et magnésium). Il réduit aussi l’absorption gastro-intestinale du plomb tandis que l’EDTA calcique et le BAL l’augmenteraient. Des études sur l’animal suggèrent que le succimer n’entraîne pas de phénomène de redistribution tissulaire du plomb, contrairement à l’EDTA calcique. Le pic plasmatique du succimer apparaît entre la première et la quatrième heure. Sa diffusion est surtout plasmatique. La liaison protéique du succimer est importante (ponts disulfures). Il est éliminé par voie rénale (10 % sous forme inchangée, le reste sous forme conjuguée).

Le succimer est indiqué dans le traitement des intoxications au plomb et au mercure. Des études réalisées chez l’enfant montrent qu’on obtient une élimination optimale du plomb (78 %) pour une posologie journalière de 30 mg/kg. Elles corroborent l’efficacité du succimer dans le traitement du saturnisme infantile considéré désormais comme un problème majeur de santé publique. Les intoxications au mercure étant rares, il n’existe que peu de données sur l’efficacité de Succicaptal pour cette indication.

Selon la Haute Autorité de santé, le rapport efficacité/effets indésirables de Succicaptal est important, à l’instar du service médical rendu. Comme en 1997, la Commission de la transparence le reconnaît comme un apport thérapeutique important.

Voir « Le Moniteur » n° 2643/2644

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du 30.09.2006.