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- QUAND LA CRISE FAVORISE DES « VOCATIONS » DE TESTEURS
QUAND LA CRISE FAVORISE DES « VOCATIONS » DE TESTEURS
Ces dernières années, le durcissement de la conjoncture économique se manifeste dans les domaines les plus inattendus. Les essais cliniques n’y échappent pas, identifiés comme des sources de gains potentiels par des personnes en difficulté financière, au chômage ou cherchant simplement à compléter leur niveau de rémunération.
L’appât du gain est parfois plus fort que la peur chez certains volontaires sains, dérives à la clé. « Certains frontaliers sont susceptibles de multiplier les essais en se rendant en Belgique ou en Suisse… », admet Jean-Pierre Duffet, adjoint au directeur du Centre national de gestion des essais de produits de santé. « On est loin de la mentalité nordique où le fait de participer à des essais est considéré comme un acte civique, au bénéfice de la collectivité bien plus que de l’individu », note le porte-parole du CeNGEPS. Les étudiants en médecine et le personnel médical restent un vivier de choix avec l’avantage d’un « vécu dédramatisé du médicament, et d’une meilleure appréhension de leurs risques et de leurs effets », constate une jeune interne parisienne. Mais la démarche figure aussi parmi les « bons plans » recensés par les sites spécialisés comme Radins.com ou simplement transmis par le bouche-à-oreille. « Un ami m’avait parlé des tests médicaux comme d’une manière de se faire de l’argent facile », témoigne Fred, qui s’y est livré pendant une quinzaine d’années. « Etudiants, sans emploi, retraités, femmes au foyer, intellectuels et sans-diplômes, étrangers en situation irrégulière, personnes ayant volontairement choisi de ne pas travailler… » : Renan, de son côté, raconte avoir croisé les profils les plus variés au gré de ses multiples expériences de volontaire sain, « mais il s’agissait de personnes à faibles revenus dans tous les cas ». Fred a noté au fil du temps, « une proportion croissante de personnes issues de l’immigration ». Pour Jean-Pierre Duffet, « la surreprésentation de populations fragilisées peut introduire des biais. Mais en un sens, elle peut permettre de mettre davantage en évidence les effets indésirables ». L’adjoint au directeur du CeNGEPS n’en déplore pas moins les malentendus qui ont la vie dure : « on laisse entendre que ces tests pourraient rapporter gros, notamment via certaines campagnes d’affichage maladroites, en oubliant que tous les postulants ne seront pas forcément acceptés, en fonction des critères d’inclusion. Cela peut conduire à écarter des personnes âgées ou démunies simplement guidées par le souci d’arrondir leurs maigres ressources… ». Une mise au point à laquelle Jean-Pierre Duffet tient pour une raison simple : « nous sommes harcelés par des journalistes qui essaient de nous faire témoigner que compte tenu de la dégradation de la situation économique, les gens se précipiteraient en toute inconscience dans les bras des labos et que ces derniers en profiteraient ». Avis aux amateurs, la fortune ne passera pas forcément par les essais.
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