Traitements de substitution : MG Addictions répond à l’Académie de médecine

© Buprénorphine Biogaran - DR

Traitements de substitution : MG Addictions répond à l’Académie de médecine

Publié le 6 juillet 2015
Par Anne-Hélène Collin
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« C’est faux, c’est dangereux, c’est affigeant », répond MG Addictions, groupe de médecins généralistes appartenant à la Fédération Addiction. A qui s’adresse cette salve ? A l’Académie nationale de médecine au sujet de ses dernières recommandations sur les traitements de substitution, en particulier la buprénorphine.

A MG Addictions se joint l’association Pharmaddict, association de pharmaciens impliqués dans la délivrance des médicaments de substitution.

Selon MG Addictions, les chiffres avancés par l’Académie sur le nombre de bénéficiaires d’un traitement par buprénorphine haut dosage ainsi que le coût des mésusages sont surévalués et contribuent à une stigmatisation de tous les patients.

Plus grave pour ces généralistes, qui bénéficient de l’expérience du terrain, les recommandations sont inadaptées, contre-productives, punitives et dangereuses.

Si les pratiques non conformes à la prescription sont toujours possibles, MG Addictions en explique les causes : la pharmacocinétique (faible biodisponibilité de la buprénorphine sublinguale) et la pharmacodynamie (la buprénorphine présente un caractère agoniste partiel des récepteurs opiacés) qui poussent à des comportements inadaptés des patients, et non l’avidité comme le laisse croire l’Académie. Et de rappeler les bénéfices des traitements de substitution pour la santé publique depuis leur mise en place en 1996 : réduction des overdoses, contrôle des épidémies de VIH et d’hépatite C, insertion socio-familiale des usagers.

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« Les addictions ne sont pas des vices mais des pathologies », conclut MG Addictions.