Cinq conseils pour tirer parti du document unique

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Publié le 2 juin 2018
Par Chloé Devis
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Plus qu’un passage obligé, le DUER (document unique d’évaluation des risques) devrait constituer l’un des axes d’une amélioration des pratiques à l’officine, dans une optique de sécurité mais aussi de qualité et d’efficacité.

1Remplir ses obligations réglementaires

Comme tout chef d’entreprise, le pharmacien d’officine est tenu par le Code du travail de transcrire les résultats de l’évaluation des risques pour la sécurité et la santé de ses salariés. « Obligatoire depuis 2001, le DUER doit être réactualisé tous les ans et dès que des modifications surviennent dans l’organisation », rappelle Sophie Flament, responsable de l’activité Santé au travail du groupe JLO. Mais « cet outil joue aussi un rôle important dans le domaine de la qualité, la norme ISO 9001- version 2015 renforçant une approche du risque qui englobe tant l’environnement que les ressources et les pratiques quotidiennes de l’entreprise », souligne Martine Costedoat, directrice générale de Pharma Système Qualité. A l’inverse, « la négligence en la matière peut coûter cher si l’on prend en compte les pénalités financières en cas d’absence ou de manquements dans la tenue du document unique (DU), sans oublier les poursuites judiciaires éventuelles en cas d’accident du travail », avertit-elle.

2Privilégier une approche collaborative

« La réalisation du document unique doit être planifiée en termes de calendrier, de méthodologie, de ressources et moyens mis en œuvre », indique Martine Costedoat. Confiée à un prestataire externe ou réalisée en interne, l’évaluation doit porter sur les postes de travail de salariés rencontrant une exposition à des risques sur les différents espaces (surface de vente, back office, réserve…). Elle devra en outre prendre en compte la probabilité de la survenue du risque, sa fréquence et son importance. Pour cerner au plus près les situations de travail réelles, Sophie Flament préconise, dans le cas d’une officine de grande taille, de créer un « comité de pilotage » avec des représentants du personnel, de la direction et des différents métiers. La démarche comportera en outre des entretiens individuels avec les salariés. Martine Costedoat invite également le titulaire à programmer une réunion d’équipe pour présenter l’ensemble des risques identifiés et valider la pertinence des moyens à mettre en œuvre. Les résultats de l’évaluation seront présentés sous la forme d’une grille, au sein d’un registre émargé par l’ensemble des salariés.

3Identifier les risques propres à son officine

A l’officine, l’exposition au risque revêt des aspects multiples dont certains restent parfois dans l’angle mort des pharmaciens et leurs équipes. Martine Costedoat attire leur attention sur « la variété des postes de travail (des pharmaciens aux préparateurs jusqu’au personnel d’entretien en passant par les secrétaires…), les agressions, le risque lié aux chutes et au port de charges, mais aussi à des pratiques spécifiques, comme le risque toxique dans le contexte d’une activité préparatoire, le risque biologique dans le cadre notamment de soins de premier secours, le risque routier si l’on assure un service de livraison, ou encore les risques liés à la PDA : coupe des comprimés, confinement… » Les risques psychosociaux sont un volet à ne pas négliger. Leurs manifestations peuvent avoir des causes multiples, comme le souligne Sophie Flament : « La surcharge de travail, le manque d’autonomie, le harcèlement moral ou sexuel, les tensions avec la clientèle, un environnement peu sûr sont autant de situations auxquelles peuvent être confrontés les salariés d’officine, sur fond d’accès facilité aux médicaments. »

4Adopter des mesures de prévention adaptées

Les actions à mettre en face de ces risques peuvent passer par de nouveaux modes d’organisation, la mise à disposition de moyens matériels mais aussi de la formation. « Il peut être utile de faire appel à des spécialistes externes en ce qui concerne certains risques techniques, ou encore dans le domaine des risques psychosociaux, terrain sensible par excellence tant on touche à l’humain et à la subjectivité », note Sophie Flament.

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5Faire vivre l’outil

Le DU doit être facilement accessible et consultable par l’équipe… ou l’inspection du travail. Par ailleurs, « le suivi des actions mises en place est incontournable », souligne Sophie Flament. Quant au bilan annuel, il est l’occasion de faire le point sur l’impact des mesures déployées et de corriger le tir ou de prendre les mesures supplémentaires qui s’imposent face à de nouveaux risques éventuels. « Les nouvelles missions, en particulier, représentent un chantier à surveiller de près », note Martine Costedoat. 

deaw59/Getty Images/iStockphoto