Masques : à quand des dotations pertinentes par officine ?

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Masques : à quand des dotations pertinentes par officine ?

Publié le 13 avril 2020
Par Magali Clausener
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Le 9 mars 2020, l’Assurance maladie a déployé via Amelipro son téléservice de traçabilité des masques chirurgicaux et FFP2 issus des stocks de l’Etat. Ce dispositif permet également tracer les dotations complémentaires fournies par exemple par les Agences régionales de santé (ARS). Cette plateforme offre donc l’avantage d’enregistrer toutes les livraisons de masques de l’officine mais également de savoir si le professionnel de santé a reçu ou non sa dotation hebdomadaire de masques grâce à son numéro de sécurité sociale

Trois outils régionaux

Tous les pharmaciens sont invités à utiliser ce téléservice à l’exception de trois régions qui ont déjà développé leur propre outil : le Grand Est qui utilise Distrimasques, l’Ile-de-France qui s’appuie sur le dispositif MonPharmacien et la région PACA-Corse qui a lancé Gomask. Ces trois outils numériques ont les mêmes fonctionnalités, à savoir l’enregistrement des dotations de masques d’Etat et des dotations complémentaires par chaque pharmacie, et du nombre de masques fournis aux professionnels de santé. Distrimasques et MonPharmacien permettent aux professionnels de santé de se référencer auprès d’une pharmacie pour retirer leurs masques. L’outil MonPharmacien propose de plus au professionnel la possibilité de réserver des masques et de recevoir un mail de l’officine qui lui confirme sa « commande » et le nombre réel de masques qu’il pourra retirer. Quant à Gomask, grâce à la géolocalisation, l’application donne en temps réel l’état des stocks des pharmacies les plus proches du professionnel de santé. 

Avoir des dotations plus fines

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Ces dispositifs régionaux ont été conçus pour faciliter les opérations de traçabilité des pharmaciens, obligés de remplir des tableaux papier adressés ensuite aux Caisses primaires d’assurance maladie. Mais l’autre objectif est d’avoir en temps réel l’état des stocks des masques dans le réseau officinal et, in fine, des dotations répondant aux besoins réels des pharmacies et des professionnels de santé qu’elles couvrent. 

C’est bien pour cette raison que l’Ordre des pharmaciens réclamait un dispositif unique de traçabilité nationale. Alors, pourquoi continuer à utiliser ces outils régionaux ? Pour Philippe Besset, président de la Fédération des syndicats pharmaceutiques de France (FSPF), Amelipro s’adresse aux pharmaciens qui ne disposent pas d’autres outils. Quant à la question des dotations mieux réparties, il évoque qu’elle sera possible si les dispositifs régionaux sont interopérables avec AmeliPro. Informatiquement, ce n’est pas le cas. Mais il est tout à fait possible de faire remonter les informations à l’Assurance maladie. 

Les données peuvent effectivement être extraites de Distrimasques et de MonPharmacien et transmises aux autorités. Cependant, pour l’instant, les URPS des pharmaciens du Grand Est et de l’Ile-de-France n’ont encore reçu aucune demande de l’Assurance maladie en ce sens. Le CROP PACA-Corse, partie prenante de la création de Gomask, n’a pas attendu : il a fait savoir à l’ARS et à l’Assurance maladie que Gomask disposait dorénavant d’une fonctionnalité permettant aux autorités de récupérer directement les données. Et l’Assurance maladie a donné son accord. Reste à savoir quand les autorités traiteront vraiment toutes ces données et gèreront les dotations de façon enfin plus efficiente.