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© vaccin Covid-19, livraison, logistique, Véran, Ehpad - Pixabay
Vaccin antiCovid-19 : le gouvernement promet les premières livraisons fin décembre… et embarque les pharmaciens
« Si l’ensemble des conditions sont réunies, les premières vaccinations pourraient être réalisées dès la dernière semaine de décembre avant de monter en puissance à partir de début janvier », a annoncé Jean Castex devant le Parlement le 16 décembre, à l’occasion de la présentation de la stratégie vaccinale de son gouvernement dans la lutte contre le Covid-19.
Les conditions ? L’Europe est toujours suspendue à l’avis de l’Agence européenne du médicament (EMA) sur le vaccin à ARN messager de Pfizer/BioNTech, avis qui devrait finalement être rendu plus tôt que prévu, le 21 décembre, suivi d’une homologation de la Commission européenne le 23 décembre. « Dans la foulée », explique le Premier ministre, la Haute Autorité de santé (HAS) rendra son propre avis, donnant ainsi le top départ de la première phase de la vaccination qui s’étalera sur une période de 6 à 8 semaines, « en tenant compte du délai de 21 jours entre la première injection et le rappel ».
Les premiers vaccins sont destinés aux résidents des Ehpad et des unités de soins de longue durée et à leurs personnels à risques accrus de forme grave, sur prescription médicale et après consultation prévaccinale, conformément aux recommandations de la HAS. Puis, selon les doses de vaccins disponibles, la campagne vaccinale sera étendue aux autres publics, les personnes non prioritaires pouvant être vaccinées « à la fin du printemps », prédit le Premier ministre.
Vaccination fin décembre, vraiment ?
« La livraison des vaccins pourrait intervenir dans le même mouvement » que les avis des autorités de santé, précise le ministre de la Santé, Olivier Véran. « Nous serons livrés très précisément d’ici le 30 décembre de 1 160 000 doses du premier vaccin, complète le Premier ministre. Nous devrions recevoir 677 000 doses supplémentaires autour du 5 ou 6 janvier 2021 et 1 600 000 en février, qui dépendront des conditions de fabrication des différents vaccins auprès desquels l’Europe se fournit ». Pour la première phase, 1 million de personnes sont concernées par la vaccination, soit un besoin de 2 millions de doses.
C’est « un défi logistique immense et même historique », insiste Olivier Véran, rappelant les contraintes de conservation et de transport du vaccin Pfizer/BioNTech (conservation à – 80 °C puis pas plus de 5 jours entre + 2 °C et + 8 °C, et pas plus de 12 heures de transport entre le moment où le vaccin est décongelé et le moment où il est injecté, a rappelé le ministre). « C’est pourquoi nous avons fait le choix de nous appuyer sur les compétences existantes et éprouvées dans notre pays et sur la connaissance des pharmaciens avec lesquels les établissements ont l’habitude de travailler », annonce le ministre de la Santé.
Concrètement, les officines référentes d’Ehpad sans PIU seront alimentées directement par les prestataires de Santé publique France, équipés de capacité de stockage à – 80 °C, explique le ministère de la Santé dans un courrier du 14 décembre adressé aux directeurs des établissements de santé et aux médecins coordinateurs. « Chaque pharmacien assurera la remise des doses de vaccins à ces établissements, par livraison sur site ou par retrait à l’officine par un représentant de l’établissement selon les pratiques habituelles. » Les ARS confirmeront d’ici la fin décembre une date prévisionnelle de livraison des vaccins et les établissements seront tenus de communiquer le nombre de doses nécessaires, « en regard des résultats des consultations prévaccinales ».
Tenir les délais n’est pourtant pas gagné. Dans ce même courrier, le ministère de la Santé avertit les directeurs d’établissement : « En tout état de cause, un délai raisonnable, qui ne pourra pas être inférieur à quinze jours, sera prévu entre la délivrance des avis précités et la livraison des doses dans votre établissement, pour vous permettre de vous organiser au mieux et pour laisser le temps aux consultations de se dérouler »…
Le pharmacien vaccinateur ?
La question reste posée. « Lorsque le nombre de doses et le type de vaccins permettront de diversifier les lieux de vaccination, un élargissement des compétences vaccinales à l’ensemble des infirmiers et aux pharmaciens notamment pourrait être envisagé », recommandait la HAS le 15 décembre, à l’issue de la consultation auprès de près de 86 contributeurs, incluant des sociétés savantes, des associations de patients, ou encore des représentants des professionnels de santé (dont l’Ordre des pharmaciens, la Fédaration des syndicats pharmaceutiques de France et Fédergy). Et la HAS d’ajouter : « Il faudrait envisager d’ajouter dans les missions de ces professionnels la possibilité d’administrer le vaccin, mais aussi de poser une indication à vacciner contre le Covid-19 et à prescrire un vaccin contre le Covid-19 », notamment pour l’administration de la seconde dose lors des schémas vaccinaux à deux doses. Reste que, pour la HAS, « l’extension des compétences vaccinales à ces professionnels de santé nécessitera néanmoins de disposer d’un recul suffisant sur les futurs vaccins ».
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