La cystite, c’est pas automatique !

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Publié le 15 mai 2021
Par Laurent Lefort
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Mécanique mais pas automatique. Une maison de santé pluriprofessionnelle propose un protocole de soins à la Haute Autorité de santé, ce protocole bien ficelé s’avère concluant ; il finira par être généralisé dans le même cadre formel, c’est-à-dire réservé à ce mode d’exercice coordonné. C’est vite résumé, mais c’est peu ou prou ce qui est en train de se passer avec les antibiotiques que les pharmaciens peuvent délivrer sans ordonnance dans le cadre de la dispensation protocolisée. L’acte est si protocolisé justement qu’il ne répond en rien aux besoins exprimés en situation de vie réelle (on pense évidemment à la crise de cystite du samedi après-midi). Alors, soit on estime que la mesure est prise pour aider les patients – et il me semble que les pharmaciens, tous spécialistes du médicament, n’ont plus à prouver qu’ils sont aptes à rendre service -, soit on estime que l’aspect strictement réglementaire est bien plus important et on réserve cette mesure à une toute petite poignée de confrères, la condamnant ainsi à ne pas avoir grand intérêt. A part éventuellement celui d’exhumer le pharmacien de première classe d’antan. A part, plus sûrement, d’assurer à la dispensation protocolisée un enterrement de première classe.

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