Troubles menstruels et vaccins anti-Covid-19 : conduite à tenir

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Troubles menstruels et vaccins anti-Covid-19 : conduite à tenir

Publié le 22 décembre 2021
Par Anne-Hélène Collin
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Depuis le début de la campagne de vaccination contre le Covid-19, 3 870 cas de troubles menstruels dont 89 cas graves ont été déclarés aux centres régionaux de pharmacovigilance (CRPV) après la vaccination avec Comirnaty (Pfizer/BioNTech) – sur plus de 90 036 800 injections au 9 décembre – et 562 cas dont 29 graves après la vaccination avec Spikevax (Moderna) – sur plus de 12 314 500 injections à la même date. Il n’est pas fait état de cas avec le vaccin Vaxzevria d’AstraZeneca dans la synthèse des résultats et les faits marquants du 21 décembre.

Les principaux signes sont des saignements anormaux (métrorragies, ménorragies) et des retards de règles et aménorrhées, survenant aussi bien après la première injection qu’après la deuxième. Le délai médian d’apparition est inférieur à 7 jours pour plus de la moitié des cas (57,4 %) et entre 8 et 15 jours dans 14,4 % des cas de saignements apparus après Comirnaty, ou 3 jours pour Spikevax.

« Il s’agit majoritairement d’événements non graves, de courte durée et spontanément résolutifs, complète l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) dans son communiqué du 22 décembre. A ce jour, les données disponibles ne permettent pas de déterminer le lien direct entre le vaccin et la survenue de ces troubles du cycle menstruel. Ces évènements restent sous surveillance. »

« A ce jour, il n’y a pas d’explication », expliquait déjà l’ANSM le 9 décembre dans une réunion d’information publique sur le Covid-19. « On n’a pas particulièrement d’inquiétudes », ajoutait l’instance, notamment au sujet d’une perte de fertilité.

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Toutefois, l’ANSM rappel la conduite à tenir pour les professionnels de santé devant tout symptôme de troubles mensuels, en commençant par vérifier la prise d’un traitement hormonal :

  • Si la patiente prend un traitement hormonal : vérifier l’observance ou des antécédents de vomissements qui pourraient être à l’origine d’une interruption de la prise du traitement ;
  • Si la patiente ne prend pas de traitement hormonal ou s’il n’y pas eu d’interruption de traitement : vérifier qu’il ne s’agit pas d’une symptomatologie aigue ; vérifier l’absence de grossesse (retard de règles, saignements itératifs). « Garder en tête la possibilité que la patiente développe une maladie gynécologique (syndrome des ovaires polykystiques, hyperprolactinémie…) de manière concomitante à la vaccination », ajoute l’ANSM. Si les symptômes persistent dans le mois suivant, il est nécessaire d’orienter la patiente vers un médecin.