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Joue la carte Joker
Jeune diplômée préparatrice à Cavaillon (Vaucluse), Élise a la passion du jeu. Son tapis vert a la dimension des prés, son partenaire est un poney qui répond au nom de Joker.
Il est arrivé dans sa vie il y a six ans environ. « Je montais depuis quelques années déjà, j’ai commencé à l’âge de 6 ans, et j’avais remarqué ce jeune poney, gros bébé encore au box avec sa mère. Quand le responsable du club m’a proposé de m’occuper de lui, je n’ai pas hésité une seconde. » Élise adopte Joker, et réciproquement. Elle, petite brune aux cheveux longs ; lui, poney welsh à la robe baie. « C’est un pur-sang arabe en miniature, 1,35 mètre au garrot. » Originaire du pays de Galles, ce poney est remarquable par sa petite tête, ses oreilles courtes et pointues, sa petite encolure. Auxquelles s’ajoutent de grands yeux hauts et une queue portée gaiement, comme dans les descriptions des manuels équins. Joker répond bien aux caractéristiques de sa race. Comme signe particulier, il arbore deux taches blanches. La première, balzane en termes de métier, sur le postérieur droit, la seconde, la liste, sur la tête. « Mais c’est surtout son caractère joueur qui m’a attirée », avoue Élise. La preuve qu’il mérite bien son nom !
La fille qui murmure à l’oreille… Élise se voit confier le débourrage du jeune poney, un temps de patience où il faut s’apprivoiser l’un l’autre. Pour que l’animal apprenne petit à petit à quitter le flanc chaleureux de sa mère, à supporter la contrainte du licol, celle d’une selle et d’un cavalier sur son dos… Toutes ces étapes, Élise les franchit avec l’aide et le soutien du responsable des Écuries du Comtat, le poney club du Thor (Vaucluse), sa seconde famille en quelque sorte. « Je lui dois tout ce que j’ai appris sur le cheval. » Encore collégienne, puis lycéenne, elle file au club dès qu’elle le peut. Retrouver Joker, le panser, le brosser, le nourrir. Aux beaux jours viennent les balades en campagne. De petites échappées, en accord avec la corpulence et les capacités d’endurance de sa monture. « Il est peu audacieux en terrain inconnu. Le passage d’une petite mare près du manège l’effraie toujours. Ce qu’il préfère, c’est jouer, en liberté au pré. » Chatouilles et grattouilles le comblent d’aise. « Dès que j’ouvre la porte du box, il s’approche et attend que je lui gratte le garrot, il me remercie par un claquement de dents. » En retour, il sait offrir à Élise le calme apaisant si elle arrive contrariée, comme les échanges plus sportifs le jour où elle recherche une dépense physique. « Il ressent beaucoup de choses, il m’écoute, se fait tout doux quand il le faut. »
Bavarde et contemplative. « J’ai besoin de ces moments de communion avec la nature, je m’aère la tête, je recharge mes batteries. » Avec Joker, pas de paroles, le grand air. « Je ne pense plus à rien, je suis bien. » Dix minutes de voiture lui suffisent pour opérer la transition entre deux univers : les humains et leurs soucis, l’animal et sa simplicité. Élise se définit comme une sociable qui aime le silence et la solitude. Contradictoire ? Non, juste une question d’équilibre. Dès l’obtention de son brevet professionnel à Avignon l’an passé, elle intègre une officine forte d’une dizaine d’employés, où très vite sa jovialité fait mouche. « C’est simple, je ne sais pas faire la tête, constate Élise. J’aime que tout se passe bien, que le travail se déroule dans la bonne humeur. » Elle déteste voir les situations se compliquer, les petits différends qui dégénèrent faute de compréhension et d’attention aux autres. « J’agis comme un sauveur d’ambiance. » Au comptoir, elle apprécie le contact avec une clientèle d’habitués. « De l’écoute, un conseil, je les vois repartir rassurés et souriants, voilà ma satisfaction. Je tiens cela de ma mère. Enfant, je l’accompagnais sur les marchés du Vaucluse, de l’Isle-sur-la-Sorgue à Bonnieux, Vedène et Morières-lès-Avignon, où elle installait son étal de boucherie-charcuterie. »
À chacune sa passion. Cavalière accomplie, Élise est titulaire des 7 galops, examens fédéraux qui sanctionnent les compétences sportives du cavalier et ses connaissances hippologiques (anatomie, soins, nourriture). La jeune femme n’a pourtant jamais été tentée par la compétition. Elle ne se voit pas dans l’univers des concours, où la rivalité et les enjeux financiers prendraient le pas sur le plaisir. Sans compter qu’elle n’est pas prête aux sacrifices que cela demande : investir dans du matériel de transport, régler tout son temps libre sur les déplacements et les épreuves… C’est ce qui la différencie de sa sœur, de six ans plus âgée qu’elle. Celle qui lui a mis le pied à l’étrier, après avoir elle-même découvert l’équitation en colonie de vacances, se présente désormais en concours hippique avec son propre cheval. Élise est admirative mais non envieuse de son aînée, qui a choisi en outre d’aller vivre en Espagne, le berceau de leur famille. « J’aime le climat de là-bas, mais je ne souhaite pas y vivre.? Je suis bien ici, dans ma petite ville de L’Isle-sur-la-Sorgue. » Élise privilégie la relation de compréhension mutuelle avec Joker. Pas moins de deux fois par semaine, ces deux-là se retrouvent. « C’est une sorte de jardin secret, une parenthèse qui n’appartient qu’à moi. » Lorsque les caprices du temps ou un emploi du temps trop chargé à la pharmacie l’empêchent d’aller au manège, elle est comme en manque. Elle ne s’imagine pas sans ce poney de 12 ans, qu’elle peut espérer voir vivre jusqu’à 20 ans, et même plus s’il se maintient en bonne santé. Aussi, quand cet été, en vacances dans les Alpes, elle a croisé la route d’un éleveur, elle a songé à un petit poulain qui lui appartiendrait. Ce rêve pourrait se jouer des obstacles, et, qui sait, un Joker bis voir le jour dans quelques années.
Portrait chinois
• Si vous étiez un végétal ? Une plante explosive, pleine de couleurs éclatantes, comme les bougainvillées qui s’épanouissent à Séville. Je suis espagnole et, ici, je manque de couleurs.
• Une forme galénique ? Un comprimé osmotique, à double compartiment. À certains moments, il faut que ça bouge et que ça ne traîne pas, à d’autres, j’ai besoin de me poser au calme.
• Un médicament ? Contre le « je-m’en-foutisme » des gens, qui les forcerait à finir les choses qu’ils entreprennent et ne plus les laisser en plan à la moitié.
• Un dispositif médical ? Des semelles orthopédiques parce qu’elles me sont indispensables au quotidien.
• Un vaccin ? Contre l’étroitesse d’esprit, pour faire changer les gens obtus ou impolis, qui nous font perdre du temps.
• Une partie du corps ? Les yeux parce qu’ils véhiculent la couleur. Le sens esthétique des choses est essentiel pour moi, je n’imagine pas vivre sans percevoir les couleurs.
Élise Cuartero
Âge : 20 ans.
Formation : préparatrice en pharmacie.
Lieu d’exercice : pharmacie Cavaillon,
Vaucluse (84).
Ce qui la motive : la reconnaissance des autres.
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