Wyeth et la recherche fantôme

Réservé aux abonnés
Publié le 5 septembre 2009
Mettre en favori

L’une des plus graves histoires de manipulation et d’abus de l’édition académique jamais entreprises par l’industrie pharmaceutique […] pour influencer les décisions de santé ». Bigre ! Qui peut bien écrire pareils propos ? Il s’agit de PLoS Medicine* dans son édito de septembre. L’organisation à but non lucratif, qui met à disposition gratuitement des publications scientifiques, publie en effet une correspondance entre le laboratoire Wyeth et DesignWrite, le premier ayant demandé au second, une société de rédaction, d’écrire 26 articles et ensuite d’approcher des scientifiques reconnus pour qu’ils acceptent de signer ces articles dont ils ne sont pas les auteurs !

8 400 Américaines portent plainte

Publiés entre 1998 et 2005 dans 18 revues médicales, les articles incriminés soulignent les bénéfices de la prise d’hormones – Wyeth commercialise Prémarin et Prempro (une combinaison d’oestrogènes et d’une progestérone de synthèse) – tout en modérant les risques. L’affaire éclate aujourd’hui parce que 8 400 femmes intentent un recours collectif outre-Atlantique, accusant Wyeth d’avoir dissimulé les risques secondaires de ses hormones. PLoS Medicine et le New York Times ont déposé une requête pour rendre publics les documents prouvant la pratique du ghostwriting (« article fantôme »).

« Comment une industrie dont les produits ont contribué à des avancées stupéfiantes en est-elle venue à accepter de telles pratiques ? », s’interroge PLoS Medicine.

* http://www.plosmedicine.org/static/ ghostwriting.action

Publicité