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Des préparateurs entrent en fac de pharmacie grâce à la passerelle
Le dispositif « passerelle » permet d’accéder en deuxième ou troisième année des études de pharmacie, de médecine, d’odontologie et de maïeutique
Depuis l’ouverture du dispositif « passerelle » aux préparateurs afin d’entrer en deuxième ou troisième année des études de pharmacie à la rentrée 2021(1), plusieurs centaines d’entre eux ont tenté leur chance. Peu ont été élus, en raison notamment du nombre de places limité, trois à dix en moyenne pour chacune des vingt-quatre facs de pharmacie. Les candidats ont été choisis par un jury composé d’enseignants relevant des quatre disciplines de santé : médecine, pharmacie, dentaire et sage-femme.
Démontrer ce que l’on souhaite
« La philosophie de la passerelle est de diversifier la population des étudiants », rappelle Isabelle Baglin, maître de conférences en pharmacochimie à la faculté d’Angers (49) et membre du jury. L’enseignante a évalué avec ses collègues les CV et lettre de motivation de candidats venus d’horizons divers : ingénieurs, infirmiers, master de biologie… Une fois cette première sélection effectuée, place à un oral de dix minutes. Chaque candidat a présenté durant quatre ou cinq minutes ses arguments avant de répondre aux questions du jury. À Angers, sur les neuf candidats en pharmacie, six ont accédé à l’oral, pour quatre places. Chloé Dufeu, préparatrice de 25 ans, a été recalée malgré une motivation et une préparation sans faille. Elle postulait pour devenir pharmacienne dans l’industrie et dans les cosmétiques en particulier, « en qualité, recherche et développement, en production ou pour chapeauter une gamme ou chercher de nouveaux ingrédients ».
La réponse négative a été un choc pour Chloé, qui se préparait depuis janvier 2020. Elle avait travaillé sur son CV et sa lettre de motivation. Compétences, parcours, formations continues, responsabilités à l’officine, même l’aspect du financement des cinq années d’études de pharma était abordé, mais la réponse négative est tombée le 4 juin. « J’ai cru comprendre pourquoi. J’ai monté mon dossier pour faire pharma en industrie et je n’ai pas fait de stage dans ce domaine, donc pour le jury, mon projet était sans doute trop utopique », déplore Chloé.
Pas de place pour l’improvisation
« Nous cherchons à percevoir la capacité des candidats à reprendre des études, leur capacité financière, leur capacité à se projeter dans un métier et dans des études longues, argumente Isabelle Baglin. Il faut qu’ils prennent conscience de ce qu’est le métier de pharmacien et soient dans la projection et non dans la représentation du métier visé ». Accomplir un stage dans une autre officine, interviewer des titulaires ou faire un stage en industrie ou à l’hôpital si vous visez ce type de poste est indispensable à ses yeux.
C’est ce qu’a fait Nicolas Rémy, admis en deuxième année à la faculté de pharmacie de Lyon (69). « J’ai eu la chance de travailler auprès de pharmaciens qui m’ont inspiré, que ce soit dans leurs missions ou leur implication. J’ai envie de partager ma vision de l’officine, c’est ce que j’ai dit ». Ce préparateur trentenaire, titulaire d’une licence de biologie, fondateur de l’entreprise Le Petit préparateur et enseignant en galénique au SEPR de Lyon, a bétonné sa candidature écrite et l’oral. « Quatre minutes de présentation orale, c’est court. On ne peut pas laisser place à l’improvisation. J’ai laissé quelques zones d’ombre en espérant qu’ils m’interrogent dessus, notamment sur le financement. » Le jury a été rassuré sur ses capacités de travail au vu de ses casquettes officinale, enseignante et entrepreneuriale. Sa lettre de motivation a été retenue parmi cinquante-sept, pour sept places. « Il faut sortir du lot, montrer qu’on a envie ». Celui que son titulaire appelle « l’apprenti pharmacien » est donc entré à la fac de pharmacie le 26 août. « En plus de Porphyre, je vais maintenant lire Le Moniteur des pharmacies ! »
(*) Odontologie = dentiste et maïeutique = sage-femme.
(1) Journal officiel du 21 décembre 2019, avec entrée en vigueur à la rentrée 2021.
Pour postuler
→ Élaborez un plan de bataille. « Ce n’est pas un projet à la va-vite qui se décide un mois avant », reconnaît Nicolas Rémy, préparateur qui entame des études de pharmacie.
→ Travaillez vos motivations, renseignez-vous. Adhérez aux groupes WhatsApp passerelle. Liens disponibles sur forums.remede.org
→ Optez pour une photo sobre sur le CV. Évitez « le grand sourire et d’être sapé comme pour aller en soirée », plaisante Isabelle Baglin, maître de conférences en pharmacochimie.
→ Montrez vos capacités d’encadrement et de prise de décision. Parlez de vos responsabilités à l’officine ou à l’extérieur, pompier volontaire, président d’une association, « tout ce qui montre une capacité managériale qu’il faudra mettre en avant une fois devenu pharmacien ».
→ Développez votre capacité à vous remettre en position d’apprenant. Parlez de vos formations continues, de vos soutiens car « c’est un projet qu’on ne peut mener seul si on a une famille », avance Isabelle Baglin.
→ Évitez de dire que vous travaillerez à côté car ces études requièrent beaucoup de temps et d’énergie.
→ Ne vous focalisez pas sur vos notes au BP, la place manque ! Appuyez plutôt sur vos points forts et vos motivations.
→ Soyez vous-même.
Ne mentez pas car l’objectif est de réussir.
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