Les espoirs sur le vaccin anti-VIH développé par Merck s’évaporent

Réservé aux abonnés
Publié le 23 février 2008
Mettre en favori

L’ambiance était morose à Boston où se sont réunis les experts internationaux de l’infection par le VIH. L’essai STEP sur un vaccin anti-VIH très prometteur, développé par le laboratoire Merck, a échoué. Ce vaccin, testé sur 3 000 volontaires, s’est révélé immunogène mais tout à fait inefficace, voire potentiellement dangereux. Le taux d’infections était supérieur dans le groupe ayant reçu le vaccin par rapport au groupe placebo. Trois copies synthétiques de gènes du VIH avaient été insérées au sein d’un Adénovirus afin de stimuler la réponse cellulaire du patient. Les cellules « tueuses » activées étaient destinées à détruire les futures cellules infectées par le VIH.

Pour le Pr Patrice Debré, du service d’immunologie de l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris, cet échec ne remet pas en cause la vaccination en tant que telle mais ébranle les pistes explorées jusque-là : « Le virus échappe à la présence des anticorps, nous ne savons pas ce qu’est une protection efficace contre le VIH. Par ailleurs, le virus est extrêmement variable, cela complique beaucoup le travail. » Malgré cette déception, l’Agence nationale de recherche sur le sida et les hépatites virales poursuit son programme de développement vaccinal. Elle mise plutôt sur les lipopeptides. Ces molécules hybrides, formées de fragments de protéines identiques au VIH et de lipides, pénètrent facilement dans les cellules et assurent une meilleure reconnaissance par les cellules tueuses.

Source : 15e Conférence sur les Rétrovirus et les infections opportunistes.

Publicité