Cancer et compléments alimentaires ne font pas toujours bon ménage

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Publié le 28 mars 2009
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La supplémentation nutritionnelle n’est pas toujours anodine, particulièrement chez les patients souffrant de cancer. A doses supraphysiologiques, certaines substances peuvent avoir une action néfaste à l’échelle cellulaire ou interagir avec les traitements anticancéreux.

Ainsi, la supplémentation en vitamine E n’est pas conseillée au cours de pathologies cancéreuses. Malgré son potentiel effet protecteur contre certaines complications (fibrose liée aux rayonnements) et la potentialisation de certaines chimiothérapies, une étude menée sur des cancers ORL montre que l’alphatocophérol à forte dose majore le risque de rechute. Le bêtacarotène est quant à lui soupçonné d’augmenter le nombre de cancers du poumon. Le millepertuis, parfois pris spontanément par des patients fragilisés psychologiquement par la maladie et les traitements, augmente la clairance de certains cytotoxiques comme l’irinotécan, dont la quantité de métabolite actif se voit diminuer de plus de 40 %.

Prudence requise au comptoir

Enfin, l’acide folinique, parfois pris en cas d’anémie, augmente la toxicité des fluoropyrimidines et serait susceptible d’accélérer la progression de certaines tumeurs coliques.

Des études sont en cours sur les conséquences néfastes potentielles de supplémentations par d’autres nutriments.

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Au comptoir, le pharmacien a donc un rôle primordial à jouer quant à la responsabilisation des patients atteints de cancer vis-à-vis des produits dynamisants, « boosteurs » d’immunité ou augmentant le « bien-être mental ». Des études montrent qu’une forte proportion de patients ne juge pas nécessaire ou ne pense pas à informer le médecin de la prise de compléments alimentaires. Or, l’avis d’un médecin reste indispensable.