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Un bel exemple rural
Stéphane Chetouane s’est installé à Champdeniers-Saint-Denis, un village des Deux-Sèvres, avec le projet de racheter la seconde pharmacie. Ce qu’il fait trois ans plus tard. Et il n’a aucune raison de le regretter.
Stéphane Chetouane ne s’est pas installé à Champdeniers-Saint-Denis (Deux-Sèvres) par hasard. En mars 2011, il acquiert l’une des deux pharmacies de ce village, qui réalise un chiffre d’affaires de 1,8 million d’euros. Avec une idée en tête : racheter rapidement la seconde pharmacie de cette commune de 1 700 habitants, dont le titulaire est proche de la retraite, et qui n’est éloignée que de 200 mètres.
Dès les premiers mois d’activité, le nouveau titulaire prend conscience que la pharmacie qu’il vient d’acquérir, située sur la place du village, attire deux tiers de la clientèle de la zone de chalandise. « Les premiers mois d’activité, mon chiffre d’affaires augmentait lentement, tandis que celui de l’autre pharmacie continuait à diminuer », témoigne Stéphane Chetouane. Les deux pharmacies auraient pu coexister encore pendant plusieurs années en vivotant. « Je n’étais pas en danger économique, mais les perspectives d’évolution de l’officine étaient limitées. »
Un rachat de parts sociales qui convainc
En 2014, Stéphane Chetouane investit dans un robot de préparation des doses à administrer (PDA) pour une maison de retraite. « Mon confrère, qui avait en charge une autre maison de retraite, craignait de perdre ce marché s’il n’investissait pas dans un équipement. » Mais, à quelques mois de la retraite, il préfère proposer à Stéphane Chetouane de lui racheter son officine dans le cadre d’une fusion. L’opération se concrétise par un rachat de parts sociales (actif et passif) pour un montant légèrement supérieur à 80 % du chiffre d’affaires.
Une chance que ne veut pas laisser passer Stéphane Chetouane. Mais il faut trouver un financement. « L’opération est plus complexe qu’un rachat de fonds de commerce, où les banques peuvent demander un nantissement, ce qui n’est pas le cas dans un rachat de parts sociales. » En apportant des bilans comptables positifs, une trésorerie confortable et un prévisionnel d’activité prudent, le pharmacien convainc la banque de financer le projet. Il faut dire que les risques étaient limités. « 90 % de la clientèle s’est reportée sur mon officine. Cela n’aurait pas été le cas dans une commune plus importante. Ici, la pharmacie la plus proche est à cinq kilomètres. »
A la recherche d’un local plus vaste
Pour que l’opération soit acceptée de tous, Stéphane Chetouane n’a pas hésité à reprendre l’ensemble du personnel de la pharmacie achetée, soit une adjointe et trois préparatrices. « La masse salariale représente 12 % du chiffre d’affaires, mais je parviens à l’absorber par le report de clientèle. »
Prochaine étape : le transfert de sa pharmacie dans un local plus grand. « Je suis passé de 150 à 300 clients par jour. Dans un espace de vente de 60 mètres carrés, ce n’est plus possible ! » Si le titulaire a trouvé un emplacement idéal en périphérie à proximité d’un hypermarché, ce n’est pas du goût des responsables locaux qui craignent que le centre du village perde de son dynamisme sans la pharmacie. Une pétition avait d’ailleurs été signée en ce sens. « Je suis un professionnel libéral, pourtant j’ai l’impression de ne pas être libre de mes mouvements ! », s’exclame le pharmacien.
Mais Stéphane Chetouane le sait : il n’a aucun intérêt à passer en force. « J’ai demandé à la mairie d’initier des réunions publiques sur ce sujet et de me proposer une alternative à l’emplacement en périphérie. » Le titulaire attend donc de calmer le jeu avant de faire sa demande officielle de transfert.
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