Dispensation à l’unité : l’expérimentation prend du retard

Réservé aux abonnés
Publié le 5 avril 2014
Par Loan Tranthimy
Mettre en favori

Initialement prévue le 1er avril 2014, l’expérimentation de la dispensation à l’unité des antibiotiques critiques dans les officines ne sera pas lancée à cette date faute d’un cadre réglementaire précis. Une première réunion de concertation, le 25 mars, a permis aux représentants des syndicats de connaître le contenu du projet de décret fixant les conditions de cette expérimentation. Le dispositif concernerait 72 officines (48 expérimentateurs et 24 témoins), contre 200 initialement annoncées par le ministère de la Santé, et 14 molécules fréquemment prescrites*. Trois régions seraient concernées : Limousin, Lorraine et Provence-Alpes-Côte d’Azur. Concernant les modalités pratiques, tout comme pour la délivrance des stupéfiants, les pharmaciens expérimentateurs devraient découper les plaquettes de médicaments afin de délivrer aux patients le nombre de comprimés correspondant à la durée de traitement inscrite sur l’ordonnance. Ils devraient également veiller à ce que les mentions en cours de négociation figurent bien sur l’étiquette de conditionnement (le nom de la spécialité, la composition du produit, la posologie et les conditions de conservation…) et transmettre la notice du médicament au patient. En cas d’absence de la notice dans la boîte, celle-ci peut être téléchargée depuis le site de l’Agence européenne du médicament. Les matériels (boîtes et étiquettes) devraient être fournis par les ARS aux expérimentateurs.

Une rémunération forfaitaire

Selon le compte rendu de cette réunion que Le Moniteur a pu consulter, plusieurs points restent encore à clarifier : le calcul du prix de vente, la facturation ou encore la rémunération des pharmaciens. La FSPF a soulevé par exemple la perte de chiffre d’affaires sur les boîtes entamées et non délivrées. Le syndicat propose deux options : facturer l’ensemble de la boîte dès qu’elle est entamée ou dédommager la pharmacie de tous les rompus. La direction de la Sécurité sociale devra expertiser les montants en jeu. Concernant la rémunération des pharmaciens expérimentateurs, l’Etat proposerait un forfait de 1 000 euros. Un montant totalement insuffisant voire « insultant » aux yeux des syndicats. « Nous demandons que la rémunération soit versée par acte de dispensation pour dédommager les investissements matériels et pour compenser le temps de travail en incluant la marge pour le pharmacien », déclare Philippe Gaertner. « Nous avons proposé un euro par jour et par patient », ajoute Philippe Besset, vice-président de la FSPF. Pour l’heure, ce syndicat estime que « les modalités doivent encore être stabilisées ». « Mais si les évolutions ne sont pas satisfaisantes, j’appellerai les pharmaciens à ne pas y participer », conclut Philippe Gaertner. De son côté, l’USPO n’attend plus. Le syndicat appelle les pharmaciens à ne pas se porter volontaires pour l’expérimentation. Une nouvelle réunion est prévue le 9 avril.

* Amoxicilline + acide clavulanique, céfixime, cefpodoxime, céfotiam, ciprofloxacine, lévofloxacine, ofloxacine, loméfloxacine, péfloxacine, moxifloxacine, norfloxacine, énoxacine, fluméquine et thiamphénicol.

Publicité