“Les nouveaux installés doivent se satisfaire de plus petite rémunération”

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Publié le 1 novembre 2019
Par Francois Pouzaud
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La fracture au niveau des rémunérations des titulaires s’accroît, selon les statistiques professionnelles 2018. Ce qui relance le débat sur l’endettement du pharmacien et sa politique de prélèvements.

Pharmacien Manager. Pourquoi les pharmaciens soumis à l’IR ont-ils des revenus plus élevés que la moyenne (57 725 €) ?

Catherine Baffos. L’impôt sur le revenu (IR) étant un choix fiscal ancien, il agrège des associés officinaux en fin de carrière qui ont remboursé depuis longtemps leur emprunt. Ces pharmacies étant désendettées, les associés-exploitants ont la faculté de prendre la totalité du profit en rémunération. A l’inverse, l’impôt sur les sociétés (l’IS) permet d’éviter une imposition personnelle sur la part du profit servant à rembourser les emprunts. Les nouveaux installés optent pour la très grande majorité à l’IS et doivent se satisfaire d’une plus petite rémunération. Le niveau de la rémunération ne dépend pas du régime d’imposition, mais du niveau d’endettement de la société.

P.M. La distribution de dividendes est-elle un « plus » ?

C.B. La gestion de la distribution des dividendes est souvent liée au calcul des cotisations personnelles des exploitants. Schématiquement, au-delà d’une valeur équivalente à 10 % du capital social et des comptes courants d’associés, le dividende est réputé devenir une rémunération de gérance pour le calcul des cotisations TNS. Rémunérations ou dividendes, dans une structure unipersonnelle, le choix est dans le sens de l’optimisation fiscale, en fonction de la tranche d’imposition personnelle du titulaire.

P.M. Peut-on évaluer la « poire pour la soif » à réserver aux investissements ?

C.B. Oui, lorsque les associés projettent un investissement d’une certaine ampleur, le cabinet comptable va réaliser un plan prévisionnel d’exploitation et de trésorerie, avec l’argent qu’il faudra laisser en réserve chaque année pour payer les mensualités d’emprunt, en tenant compte des impacts fiscaux qui, eux, sont positifs. En général, nous conseillons à nos clients de se constituer un matelas de sécurité avant de distribuer de manière frénétique !

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ANALYSE DE Catherine Baffos DIRECTRICE D’AGENCE FIDUCIAL EXPERTISE