Le ministère de la Santé s’enquiert de la durée des antibiothérapies

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Publié le 21 octobre 2017 | modifié le 24 janvier 2025
Par Elise Haro-Brunet
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Après la publication en septembre des résultats de l’expérimentation de la dispensation à l’unité des antibiotiques (voir Le Moniteur des pharmacies N° 3193 du 7 octobre) dans la revue scientifique Plos One, le Dr Bruno Ventelou, qui a mené cette étude au sein de l’Inserm, a été contacté par le gouvernement pour « des éclaircissements, des questions complémentaires et des statistiques ». Selon lui, « le ministère s’intéresse particulièrement à la durée des antibiothérapies en ville, car jusqu’à présent ces données concernaient essentiellement l’hôpital. Il a souhaité connaître la distribution de ces traitements molécule par molécule, ainsi que les cas dans lesquels le déconditionnement a éténécessaire et le plus fréquent ». De l’avis du chercheur, une réflexion sur un texte officiel régissant la durée des antibiothérapies serait en cours.

Des biais dans l’expérimentation

Ces mesures en préparation répondraient à l’un des objectifs fixés pour cette expérimentation : la lutte contre les résistances bactériennes. L’évaluation de l’impact sur l’antibiorésistance semble pourtant difficile à apprécier. « L’expérimentation, réalisée sur 100 pharmacies sur le territoire, ne constitue pas une masse critique pour observer tous les effets et disposer d’un panorama complet. On s’attacheplutôt à des variables intermédiaires, comme le risque d’automédication du patient », complète Bruno Ventelou. Quelle suite sera donnée à cette expérimentation ? Selon le chercheur, il serait bon de faire une étude à plus grande échelle, et avec des pharmacies choisies au hasard dans le répertoire des officines, « pour qu’elle ne souffre pas du biais que seules les pharmacies volontaires participent ».

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