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Gestion du temps : Concilier vie professionnelle et vie privée
35 heures, congés paternité… Aujourd’hui, réussir sa vie ne tient plus uniquement à la réussite professionnelle. Pour autant, il ne s’agit pas forcément de privilégier sa vie de famille mais plutôt de répartir idéalement son temps entre l’entreprise et le privé. Voici une méthode en cinq temps.
1 Se fixer des priorités
Pour Gérard Vaël, consultant spécialisé en coaching d’entreprise (CCI Consultants), tout le sens que l’on donne à son engagement professionnel se traduit par des choix : « Il faut déterminer ses priorités aussi bien personnelles que professionnelles et se fixer clairement des objectifs. » En d’autres termes, il faut se rendre disponible pour l’essentiel. Par exemple, Gérard Vaël ne considère pas incompatible de pratiquer un sport de haut niveau et de gérer une pharmacie, à condition d’accepter de faire passer celle-ci à l’arrière-plan. « Nous avons tendance à nous laisser porter par les événements lorsqu’il s’agit de gérer notre vie. Le stress illustre bien le décalage entre ce que l’on fait et ce que l’on voudrait faire. D’où une perte d’efficacité dans le travail », assure-t-il. Déterminer ses priorités représente un premier pas, encore faut-il agir pour leur octroyer un temps suffisant.
2 Respecter ses priorités
Après 26 ans passés dans les rouages de l’industrie pharmaceutique, Davia Foucart n’a pas hésité à se consacrer à sa famille parisienne en même temps qu’à son officine en Corse. « J’ai décidé de reprendre la pharmacie familiale mais il était nécessaire que je sois présente auprès de mes trois enfants dont le dernier a 16 ans », raconte-t-elle. Sa solution ? Une semaine à l’Ile-Rousse et une semaine à Paris. Une organisation irréprochable acquise après plusieurs années passées dans l’industrie, à la direction générale notamment. « Avec le développement d’Internet et du téléphone portable, je peux m’occuper tranquillement à distance de la gestion administrative de la pharmacie, alors que je me consacre à la dimension humaine sur place », confie-t-elle. Côté famille, elle milite pour un partage équitable des tâches et reconnaît l’aide précieuse de son mari.
3 S’octroyer du temps
« Le temps, ça se prend ! », affirme Gérard Vaël. Une évidence pourtant trop rarement mise en pratique. Pas pour Françoise Pradeau, installée à Paris, qui a décidé de fermer son officine tous les samedis après-midi depuis 15 ans pour les consacrer à ses sept enfants (l’aîné a 22 ans et les cadettes 9 ans) et à son mari : « Tout le monde s’y retrouve : ma famille et ma vie personnelle bien sûr, mais aussi mes employés. » Pour compenser le « manque à gagner » du samedi, la pharmacie est ouverte le lundi matin et pendant l’heure du déjeuner. « Même si mon chiffre d’affaires pâtit certainement de cette organisation, il faut savoir assumer ses priorités, et pour moi la qualité de vie s’impose », ajoute-t-elle. En cas de souci économique, elle se garde la possibilité d’embaucher un pharmacien le samedi après-midi. Elle tient à garder sa « bouffée d’oxygène ».
4 Savoir déléguer
Tout le monde ne fait pas le choix de réduire ses horaires d’ouverture. Le plus souvent, le titulaire a la possibilité de se faire seconder par ses pharmaciens adjoints. Mais comment garder les ficelles du management tout en s’absentant régulièrement ? Selon Davia Foucart, le secret de la réussite réside dans la « délégation raisonnée » : « Il faut savoir donner des responsabilités aux autres car le travail d’équipe me paraît primordial. Mais attention à ne pas tomber dans le système de délégation aveugle, il s’avère nécessaire de contrôler un maximum dans le sens d’un apport réel pour le fonctionnement de l’officine ! » Ainsi, elle a mis en place à l’intention de ses dix employés une série de tableaux de bord avec des procédures précises. Objectifs : avoir une vision exacte de la vie officinale en son absence et pouvoir être à l’écoute du moindre problème lorsqu’il surgit.
5 Faire le point régulièrement
Finalement, gérer son temps en accord avec sa philosophie de vie a des répercussions sur le bien-être. « Comment voulez-vous exprimer de l’empathie envers ses clients sans pouvoir se divertir et se ressourcer ?, interroge Gérard Vaël. Le pharmacien est un vecteur formidable d’informations – aussi bien professionnelles que culturelles – mais il ne peut les transmettre qu’à condition de prendre le temps de se former. »
Décider de « souffler » s’impose donc, le plus difficile étant de respecter les bonnes résolutions. « Il faut prendre rendez-vous régulièrement avec soi-même pour se recentrer en fonction des priorités de départ », conseille ce consultant. D’après lui, le fait d’organiser sa vie s’aborde comme n’importe quel autre projet, avec la nécessité de dresser un bilan à des moments bien précis. A méditer…
A retenir
Définir ses priorités en pondérant chaque activité.
Leur consacrer le temps nécessaire.
Ne pas déroger à ses objectifs.
Maîtriser son emploi du temps en évitant de se laisser bousculer par les événements de la vie quotidienne.
Garder de la place pour le divertissement.
Déléguer sans se décharger et sans délaisser son personnel.
Savoir être critique envers soi-même pour se recentrer en fonction des objectifs prédéfinis.
Le bonheur est dans le pré
C’est à Châtelus-le-Marcheix, un petit village de 358 habitants de la Creuse, que Jean-Pierre Leblanc partage depuis 15 ans son existence entre sa clientèle et ses nombreuses passions : les instruments d’optique, l’observation des animaux et des insectes, la mécanique, la recherche scientifique… Pour lui, l’installation à la campagne est apparue comme une nécessité « pour être plus près de la nature ». Son nombre restreint de clients potentiels (750 au total) est à l’image de ses revenus : 850 euros par mois… contre la possibilité de lire régulièrement la presse scientifique internationale et de s’adonner à ses passions dès 18 h 30, une fois le rideau fermé.
Cet ex-chercheur se satisfait pleinement de ses conditions de vie qu’il préfère à celles de ses confrères urbains. « Je ne roule qu’à vélo et ne prends jamais de vacances, faute de moyens. » Mais il savoure la relation privilégiée qu’il a instaurée avec sa clientèle : « J’ai le temps de m’instruire et d’utiliser mes connaissances au profit des patients. » Une définition du bonheur loin des clichés actuels…
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