Humanitaire : Pharmaciens sans frontières… et sans fonds

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Publié le 8 avril 2006
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Avec 27 salariés, des stagiaires et quelques bénévoles, PSF-CI gère environ 40 expatriés et 350 employés sur le terrain (Afrique, Asie, Caraïbes…). Son budget 2005 frôlait les 13 millions d’euros, financé notamment par l’ONU, l’Union européenne et l’OMS. Mais l’ONG bute aujourd’hui sur un déficit proche de 600 000 Euro(s). « Nous ne sommes pas loin de la procédure d’alerte, qui risque de provoquer un enchaînement de problèmes, jusqu’au dépôt de bilan », avoue Ghislaine Soulier, responsable de la communication.

D’où vient le trou ? Le déficit a gonflé pour deux raisons principales, selon Yacine Louz, directeur des opérations : « Les bailleurs de fonds nous ont longtemps financés par des subventions « au réel » ; aujourd’hui, ils demandent que les ONG s’engagent sur 5 à 15 % du coût des programmes, voire même qu’elles les préfinancent. D’où la nécessité de fonds propres conséquents : au Sud-Soudan, le programme 2006, c’est 1,6 million d’euros ! Or PSF-CI a longtemps négligé de développer ses fonds propres : nous n’avons jamais eu de politique de marketing agressive. » Les cartes de voeux vendues dans les officines n’y suffisent pas : aujourd’hui, il faut des plans d’investissement dans des mailings, des pages de pub dans les journaux, etc.

Quelles solutions ? « Dans l’immédiat, il faut un bol d’oxygène de 600 000 euros, poursuit Yacine Louz. Mais, à long terme, PSF a besoin d’un ou deux partenaires stables, « des grosses entreprises assurant un développement serein, sur trois ans ». Le grand public ? « Oui, bien sûr, mais il nous connaît mal : pour lui, nous sommes une branche de MSF ! » Alors, PSF survivra-t-il à ses difficultés économiques ? « C’est un comble, soupire Yacine Louz. Si les bailleurs nous apprécient autant, c’est justement parce que, sur le terrain, nous sommes l’ONG qui génère le plus d’économies… »

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