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Convention et études au menu du Congrès des pharmaciens
Le 74e congrès de la Fédération des syndicats pharmaceutiques de France (FSPF), à Lille, a été l’occasion de faire le point sur les dossiers chauds du moment : vaccination, équipe, numérisation, activité économique, convention pharmaceutique, réforme des études…
« Pendant la crise, les pharmaciens se sont mobilisés. Nous avons distribué des masques, fabriqué du gel, réalisé les tests, vacciné. Aujourd’hui, la convention hérite de cette mobilisation sans faille », s’est félicité Philippe Besset, président de la Fédération des syndicats pharmaceutiques de France (FSPF), lors du congrès du syndicat, les 25 et 26 juin à Lille (59). L’Assurance maladie, la FSPF et l’Union des syndicats de pharmaciens d’officine (USPO) ont signé une nouvelle convention pharmaceutique le 9 mars dernier. « Après la formidable mobilisation des pharmacies, il était important pour nous de vous soutenir. C’est pourquoi cette convention est plus généreuse de 130 millions d’euros que la précédente », a expliqué Thomas Fatôme, directeur général de la Caisse nationale d’Assurance maladie (Cnam).
La règle du jeu pour garantir l’économie
Au menu de cet accord : dépistage du cancer colorectal (lire Décryptage p. 13), prise en charge de la dispensation à domicile sous conditions, accompagnement de la femme enceinte, généralisation de la vaccination, avec prescription des vaccins, etc. 3 000 pharmacies ont déjà commandé 90 000 kits pour le dépistage du cancer colorectal. « Maintenant, nous devons faire un effort pour le déploiement de ces missions auprès des patients car les grandes avancées apportées par la convention sont avant tout destinées à lui garantir un meilleur parcours de soins », a précisé Philippe Besset. Pour cela, la pharmacie doit changer de logique car « nous ne sommes pas formés à cette politique “d’aller vers”. Le pharmacien sait répondre à la demande de l’usager, mais là, il va falloir proposer un vaccin, un conseil, un accompagnement. Il faudra véritablement se former, a pointé le président de la FSPF. Nos logiciels de vente vont devenir des logiciels patient et il va falloir identifier les patients ».
Des « pépètes » pour les équipes
Pour « aller vers », la pharmacie a besoin de mobiliser l’équipe. Philippe Besset a souligné qu’une « pharmacie, c’est une équipe et c’est elle qui permet d’agir. Le pharmacien seul n’aurait pas pu assurer ces missions, mais nous sommes arrivés au bout de la soutenabilité des équipes. Pour aller plus loin, il faut les soutenir ». Une officine, c’est en moyenne cinq professionnel de santé. « Contrairement aux précédentes conventions, les missions du pharmacien impliquent de prendre en compte les 120 000 salariés de l’officine. Je vais donc devoir calculer le “temps homme” pour qu’il soit valorisé par l’Assurance maladie », a prévenu Philippe Besset. La notion de « temps homme » permet de calculer le temps que mettrait un salarié à effectuer une mission. « L’Assurance maladie ne peut pas se défausser par rapport aux équipes qui se sont mobilisées. Une valorisation pour aider le pharmacien employeur doit être prévue ». De son côté, Thomas Fatôme n’a pas semblé très mobilisé sur cette question, tout en précisant que « 100 millions de tests antigéniques, 1,7 milliard de masques distribués par les pharmaciens et pas loin de 20 millions de vaccinations indiquent leur implication extrêmement forte pendant la crise ».
Le pharmacien a besoin des préparateurs
Dans les nouvelles missions, le préparateur, professionnel de santé et cheville ouvrière de l’officine, semble oublié. Depuis le 31 juillet, il ne peut plus réaliser de tests ou vacciner. « Pour aller au-delà, il faut modifier la loi, demander l’avis de la Haute Autorité de santé pour donner cette compétence aux préparateurs. Ce chemin est long », a déclaré Philippe Besset (voir encadré). La pharmacie pourra-t-elle assumer toutes ces nouvelles missions sans les préparateurs ? Pour Philippe Besset, « le pharmacien ne pourra pas se multiplier ».
La mort du BP est actée
Autre temps fort du congrès, la mort du BP, annoncée par Philippe Denry, vice-président de la FSPF. Après vingt ans de négociations, le brevet professionnel de préparateur en pharmacie disparaîtra à la rentrée 2023. Il sera remplacé par le diplôme d’études universitaires scientifiques et techniques (Deust), diplôme bac + 2 déjà opérationnel (voir enquête p. 18). « Ce diplôme, créé en partenariat entre les centres de formation d’apprentis (CFA) et les universités de pharmacie, va permettre aux nouveaux préparateurs de prendre en compte la mutation des missions, a avancé Philippe Denry, à la manœuvre sur ce dossier. Il permet également d’être référencé sur Parcoursup. Cette plateforme est identifiée comme la porte d’entrée dans l’enseignement supérieur par les bacheliers. Nous espérons ainsi susciter des vocations ». 1 700 jeunes ont déjà suivi la première année de Deust. Christelle Degrelle, préparatrice et représentante du syndicat de salariés CFE-CGC, s’en est réjoui : « On a besoin de sortir avec un niveau bac + 2, que nos tâches soient reconnues par un diplôme ». En revanche, ce Deust n’aura pas pour effet de revaloriser les salaires « car les missions du préparateur n’évoluent pas avec le Deust. Ce sera peut-être le cas avec une licence », a précisé Philippe Denry.
Une licence, oui mais pas pour tous
La position de la FSPF est désormais nette. « Nous pouvons réfiéchir à une licence pour les préparateurs mais elle ne sera pas pour tous. Il est important de conserver un diplôme à bac + 2 pour ne pas décourager une partie des candidats », a souligné Philippe Denry, qui estime aussi que les missions du préparateur avec une licence sont à inventer. Christelle Degrelle a acquiescé : « Nous étions plus enclins à obtenir un Deust et une licence pour tous mais cela risquerait de semer la zizanie au sein de l’équipe. Si les jeunes sortent avec une licence, les BP n’auront plus leur place alors que nous sommes une bonne cohorte ! L’évolution est donc d’avoir le Deust, de faire en sorte que les BP fassent une validation des acquis pour aller vers le Deust et ensuite, ceux qui le souhaitent suivront cette licence ».
Il serait dommage que les pharmaciens ne soient pas au rendez-vous des nouvelles missions faute d’équipes pour les remplir.
Pas de demande pour que les préparateurs vaccinent
→ « À propos de l’extension de la vaccination à quinze pathologies, la Haute Autorité de santé va-t-elle se prononcer sur la vaccination par les préparateurs ? Si oui, quand ? »
À cette question posée par la salle lors d’une table ronde sur le rôle de la HAS, la réponse de Dominique Le Guludec, sa présidente, a été claire. « Nous n’avons pas été saisis sur les préparateurs. La saisine du ministère nous a demandé l’élargissement des compétences vaccinales aux professionnels de santé, donc nous avons travaillé sur les infirmiers, les pharmaciens, les sagesfemmes. » Est-ce que le ministère de la Santé et de la Prévention est en retard ou est-ce que les syndicats de la branche n’ont pas encore fait leur demande ?
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