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Rappel des laits infantiles Guigoz et Nidal : la gestion de Nestlé interrogée
Selon une enquête de la cellule investigation de Radio France, le rappel des laits infantiles Guigoz et Nidal ne se limite pas à un incident industriel. La gestion de l’alerte par Nestlé, la temporalité du retrait des lots et la multiplication des signalements sanitaires interrogent la capacité du dispositif à protéger les nourrissons en temps réel.
Début janvier, Nestlé engage le retrait massif de laits infantiles en poudre Guigoz et Nidal, distribués dans plusieurs pays européens. L’industriel présente ce rappel comme une mesure volontaire et préventive, affirmant qu’aucun cas de maladie lié aux produits concernés n’a été confirmé à ce stade par les autorités sanitaires.
Cette communication intervient alors que, selon la cellule investigation de Radio France, environ soixante signalements ont été adressés aux centres antipoison, et que plusieurs agences régionales de santé ont été saisies directement par des familles.
Des signalements cliniques concordants
Les symptômes rapportés concernent principalement des troubles digestifs chez des nourrissons : vomissements répétés, diarrhées aiguës, fièvre, parfois associées à une déshydratation rapide et à une perte de poids. Plusieurs enfants ont dû être hospitalisés.
Selon Radio France, un nourrisson de deux mois a notamment été hospitalisé fin décembre 2025 pour une infection rénale sévère après plusieurs jours de troubles digestifs. Dans plusieurs situations, les parents rapportent une disparition des symptômes après l’arrêt du lait appartenant à des lots ultérieurement rappelés, sans que cela permette d’établir un lien de causalité formel.
Une toxine identifiée, un risque documenté
La contamination suspectée porte sur le céréulide, une toxine produite par certaines souches de Bacillus cereus. Résistante aux traitements thermiques, elle peut persister dans les aliments destinés aux nourrissons.
Selon l’Anses, le céréulide est responsable de vomissements et de diarrhées, mais peut aussi provoquer, dans de rares cas, des formes sévères, voire mortelles, chez les nouveau-nés, notamment en cas d’ingestion répétée.
Un décès signalé, des analyses attendues
Toujours selon l’enquête de Radio France, le décès d’un nourrisson ayant consommé du lait Guigoz a été signalé aux autorités françaises. Le centre de crises sanitaires du ministère de la Santé indique que l’imputabilité à la consommation du lait n’est pas établie à ce stade. Des analyses sont en cours sur la poudre concernée, avec des résultats attendus prochainement.
Un frein technique subsiste : un seul laboratoire en France est accrédité pour détecter le céréulide, au sein de l’Anses, et les analyses doivent être demandées par les directions départementales de la protection des populations.
Une chronologie du rappel sous observation
L’enquête de Radio France déroule la temporalité de l’alerte. Le 11 décembre 2025, une notification est transmise par l’Italie via le système européen d’alerte rapide, initialement limitée à des lots fabriqués aux Pays Bas. Nestlé évoque alors une matière première contaminée, une huile arachidonique fournie par un sous-traitant.
Selon les informations recueillies, des analyses sont menées dès la mi-décembre dans l’usine française de Boué, et la présence de céréulide y est confirmée le 26 décembre. 838 000 boîtes sont bloquées, mais les produits déjà distribués ne font l’objet d’un rappel officiel que plusieurs jours plus tard.
Nestlé affirme avoir procédé au retrait dès que la traçabilité était complète, en coordination avec les autorités. Le ministère de l’Agriculture n’a pas commenté ce point.
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