- Accueil ›
- Thérapeutique ›
- Vigilances ›
- Rappel de laits infantiles : abaissement du seuil de toxine céréulide

© Getty Images
Rappel de laits infantiles : abaissement du seuil de toxine céréulide
Les rappels de laits infantiles se multiplient après un risque de contamination par la toxine céréulide. Pour renforcer la protection des nourrissons, les autorités françaises ont abaissé le seuil de sécurité imposé aux fabricants, une décision susceptible d’élargir la liste des produits concernés.
Face au risque de contamination par la toxine céréulide dans certains laits infantiles, et alors que les rappels de lots se multiplient depuis décembre 2025, les autorités françaises renforcent le dispositif de sécurité sanitaire. Le ministère de l’Agriculture a ainsi décidé d’abaisser le seuil de sécurité imposé aux fabricants, une mesure anticipant l’avis de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) qui est paru le 2 février 2026. En parallèle, le ministère de la Santé actualise son DGS-Urgent du 23 janvier 2026 avec une annexe destinée à clarifier ces évolutions auprès des professionnels de santé. De nouveaux rappels sont déjà publiés et d’autres pourraient suivre dans les prochains jours.
Un seuil de sécurité divisé par deux
Le nouveau seuil limite s’établit désormais à 0,014 μg de céréulide par kilogramme de masse corporelle, contre 0,03 μg/kg précédemment. Cette décision intègre les normes méthodologiques les plus récentes et un facteur de sécurité supplémentaire spécifiquement adapté aux nourrissons.
Cette alerte vise des laits infantiles contenant une huile riche en acide arachidonique (ARA), susceptible d’avoir été contaminée par la toxine céréulide. L’huile incriminée proviendrait du fabricant chinois Cabio Biotech, qui n’a pas communiqué à ce jour la liste des établissements européens auxquels il aurait livré de l’ARA, précise Sophie Bélichon, cheffe de la mission des urgences sanitaires à la direction générale de l’alimentation (DGAL).
Côté contrôles, une « trentaine de pharmacies » ont déjà été inspectées pour vérifier la bonne application des mesures de retrait-rappel. Sophie Bélichon, a indiqué que ces opérations allaient être intensifiées, notamment en grandes surfaces et en officines, avec « plus de 1 000 contrôles » annoncés. Il s’agit de contrôles d’effectivité : un agent se rend sur place pour s’assurer que l’alerte a bien été reçue, que les produits concernés ont été retirés des rayons et des stocks, et que l’information est correctement mise à disposition des utilisateurs.
11 hospitalisations relevées
Marie Baville, cheffe du centre de crises sanitaires à la Direction générale de la santé, a présenté un premier bilan sanitaire établi à partir du suivi des signalements par les centres antipoison, ainsi que par les Agences régionales de santé en lien avec les Directions départementales de la protection des populations (DDPP). Selon ce point de situation, « une quarantaine de signalements » ont été remontés : 5 concernent des situations où la consommation d’un lait visé par le retrait est jugée certaine et 6 autres où un doute persiste. Au total, 11 enfants ont été hospitalisés, mais tous étaient de retour à domicile au moment de la communication.
A noter que les deux décès survenus à Bordeaux et à Angers, pour lesquels des investigations sont toujours en cours, n’ont pas été intégrés à ces chiffres.
Une nouvelle précision
Le DGS-urent paru le 31 janvier donne de nouvelles recommandations aux parents concernés : il n’est pas utile de conserver la boite de lait en l’absence de symptômes. La conservation n’est recommandée que dans deux situations :
- en cas de symptômes graves ayant nécessité une hospitalisation (la boite doit être remise à la DDPP pour analyse),
- en cas de symptômes évocateurs sans hospitalisation, si les parents le souhaitent, pour la mettre à disposition du fabricant à des fins d’analyses ultérieures éventuelles.
Les nouveaux rappels
La marque Popote rappelle deux de ces lots de lait 1er âge : « par application du principe de précaution, et en anticipation des nouveaux seuils définis par l’EFSA, nous procédons au rappel de lots de laits infantiles dont la teneur en céréulide pourrait amener à un dépassement du seuil d’exposition. »
- Popote 1er âge 800 g : lot 910077 et CIP : 37602 628 412 9 8 (date de durabilité minimale 09/09/2027)
- Popote 1er âge 400 g : lot 910143 et CIP : 37602 628 420 4 2 (date de durabilité minimale 11/09/2027)
L’entreprise invite les consommateur à prendre une photo du numéro de lot présent sous la boîte et l’envoyer avec un RIB à service-conso@popote-bb.fr. Elle met aussi à disposition un numéro de téléphone : 01 84 60 38 82.
Pour les mêmes raisons, Vitagermine rappelle aussi deux lots de Caprea 1er âge et trois lots d’Optima 1er âge :
- Babybio Caprea 1er âge 800g : lot 899014 et CIP : 32881 315 805 1 7 (date de durabilité minimale 28/07/2027)
- Babybio Caprea 1er âge 800 g : lot 911057 et CIP : 32881 315 805 1 7 (date de durabilité minimale 17/09/2027)
- Babybio Optima 1er âge 800 g : lot 894408 et CIP : 32881 315 803 1 9 (date de durabilité minimale 09/07/2027)
- Babybio Optima 1er âge 800 g : lot 900035 et CIP : 32881 315 803 1 9 (date de durabilité minimale 12/08/2027)
- Babybio Optima 1er âge 800 g : lot 907179 et CIP : 32881 315 803 1 9 (date de durabilité minimale 01/10/2027)
Le fabricant recommande aux consommateurs de prendre une photo du numéro de lot présent sous la boîte et l’envoyer avec un RIB à service.consommateurs@vitagermine.com. Elle met aussi à disposition un numéro de téléphone : 02 21 10 04 35.
Les pharmaciens détenant un stocks des produits visés par ces rappels de lots doivent contacter leur grossiste-répartiteur ou le fabricant pour connaître la conduite à tenir.
- Protections périodiques remboursées : quels changements concrets pour l’officine ?
- Vitamine A Dulcis : AbbVie écope d’une sanction de 850 000 euros
- Dix nouvelles classes de médicaments dans le registre des groupes hybrides
- Moderna décroche l’AMM européenne pour mCombriax, premier vaccin combiné grippe-Covid-19
- Biosimilaire : Stelara est désormais substituable
- Médicaments chers : l’addition, s’il vous plaît !
- « Une vie sauvée toutes les huit secondes » : l’Institut Pasteur contre-attaque face à la défiance vaccinale
- Cancérologie : Muriel Dahan veut faire entrer l’officine dans la chaîne clinique
- Les ponts de mai ? On vous explique comment les gérer !
- Vendre et acheter des médicaments n’importe où : ces risques auxquels on ne pense pas





