Obésité : les recommandations d’experts pour accompagner les patients sous traitements médicamenteux

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Obésité : les recommandations d’experts pour accompagner les patients sous traitements médicamenteux

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Publié le 5 décembre 2025
Par Stéphanie Le Guillou
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Le Groupe de concertation et de coordination des centres spécialisés de l’obésité (GCC-CSO) et le réseau français de recherche clinique nutrition, obésité et troubles métaboliques (FORCE) diffusent une prise de position structurée sur l’usage des traitements médicamenteux de l’obésité chez l’adulte. S’y associent des outils synthétiques et illustrés d’accompagnement des patients.

Le GCC-CSO, en association avec le réseau FORCE, vient de publier, pour la première fois, un document sur l’usage des traitements médicamenteux de l’obésité chez l’adulte. Ce support présente les principes d’action des molécules disponibles, les effets indésirables les plus fréquents ainsi que les adaptations alimentaires recommandées. Il rappelle que les traitements médicamenteux de l’obésité s’intègrent dans une stratégie globale incluant l’alimentation, l’activité physique et la réduction de la sédentarité.

Ces informations sont reprises dans un document d’information des patients et une infographie sur le parcours de soins des personnes obèses.

Mécanismes d’action et données d’efficacité

La prise de position des experts permet une mise au point sur l’efficacité attendue des traitements médicamenteux de l’obésité, en se focalisant sur les agonistes du GLP-1 (liraglutide, sémaglutide et tirzépatide). Ceux-ci miment différents signaux hormonaux impliqués dans la régulation de l’appétit. Parmi eux : l’augmentation de la sensation de rassasiement, la diminution de la faim et le ralentissement de la vidange gastrique. Une modification des préférences gustatives, notamment une baisse de l’attirance pour les aliments gras ou sucrés, est également rapportée.

La perte pondérale s’établit progressivement durant la première année, suivie d’un plateau en cas de poursuite du traitement à la dose efficace. Ces traitements doivent être pris au long cours. Certaines caractéristiques cliniques influencent la réponse, comme le sexe (les femmes répondent mieux) ou la présence d’un diabète (les non-diabétiques répondent mieux). Il existe aussi des répondeurs moins favorables, sans critère prédictif clairement établi à ce jour.

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Modalités d’administration et mesures complémentaires

Les agonistes du GLP-1 disponibles en France sont administrés par voie sous cutanée. La montée en dose est progressive, hebdomadaire pour les injections quotidiennes et mensuelles pour les schémas hebdomadaires. Les ajustements reposent sur la tolérance digestive et la perte pondérale obtenue. En cas d’intolérance, un maintien ou une réduction de dose peut être envisagé, tandis qu’une perte trop rapide peut justifier une adaptation transitoire.

L’accompagnement nutritionnel occupe une place centrale dans la perte de poids. Les recommandations détaillent la nécessité de maintenir deux repas quotidiens au minimum, de conserver un apport protéique suffisant et d’adapter la vitesse d’ingestion afin de limiter les inconforts digestifs (au moins 20 minutes). L’hydratation doit être suffisante, autour de 1,5 litre par jour, répartis sur l’ensemble de la journée, en limitant les prises de boisson pendant les repas. Les aliments transformés, les boissons sucrées, les viandes rouges et charcuteries doivent être évitées. Côté activité physique, l’endurance et le renforcement musculaire sont privilégiés.

Effets indésirables : repérages et conduite à tenir

Les nausées, diarrhées, vomissements et constipations représentent les effets indésirables les plus fréquents en phase d’initiation ou lors de l’escalade posologique. Certaines mesures permettent de réduire ces inconforts : fractionnement alimentaire, manger tiède ou froid, choix d’aliments plus digestes, hydratation suffisante ou augmentation de l’activité physique.

Des complications plus rares mais plus sérieuses sont possibles. La lithiase biliaire doit être envisagée en cas de douleurs abdominales postprandiales irradiant vers l’épaule ou le dos. Une pancréatite est suspectée devant une douleur abdominale intense, persistante et associée à des nausées ou une fièvre modérée. Dans cette situation, l’arrêt du traitement et la réalisation rapides d’examens sont nécessaires.

Des outils d’aide à la prise en charge

Afin d’aider les professionnels de santé, les experts du GCC-CSO ont élaboré une infographie sur 2 pages concernant le parcours de soins du patient. On y retrouve les points essentiels de l’accompagnement du patient avant la prise des médicaments à l’instauration du traitement puis au cours de celui-ci (mesures hygiénodiététiques, critères d’éligibilité, repérage de situations à risque, suivi médical, etc.)

Un document d’informations pour les patients, de 8 pages, reprend les principales informations à connaître avant de s’engager dans un traitement médicamenteux de l’obésité et détails les conseils diététiques associés.

Les ressources sont disponibles sur le site du GCC-CSO.

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