Obésité : le nouveau plan gouvernemental précise le rôle des pharmaciens

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Obésité : le nouveau plan gouvernemental précise le rôle des pharmaciens

Publié le 15 janvier 2026
Par Elisabeth Duverney-Prêt
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Le gouvernement a présenté, hier, sa feuille de route 2026-2030 pour la prise en charge de l’obésité. Repérage précoce, parcours coordonnés et formation figurent parmi les axes annoncés, avec des implications pour les pharmaciens.

L’obésité continue de progresser. Actuellement, 18 % de la population adulte est concernée. Reconnue comme un enjeu majeur de santé publique, cette maladie chronique a pourtant déjà fait l’objet de plusieurs mesures dont la création de centres spécialisés de l’obésité (CSO) et la structuration de filières territoriales. Mais la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, le reconnaît : « Cela ne suffit ni pour endiguer la progression de l’obésité dans la population, ni pour résoudre diverses difficultés de prise en charge et d’accès aux soins pour cette pathologie ». L’objectif de la nouvelle feuille de route sera donc de « consolider ce qui fonctionne, corriger ce qui fragilise et accélérer là où l’attente est la plus forte. »

Repérer plus tôt et mieux orienter 

Le premier axe concerne l’amélioration le repérage des personnes à risque ou déjà en situation d’obésité, dès l’enfance et tout au long de la vie. Le plan prévoit un renforcement du dépistage via la Protection maternelle et infantile (PMI), la médecine scolaire, la médecine du travail et les examens de prévention chez l’adulte. 

Pour les professionnels de santé de proximité, dont les pharmaciens, cette stratégie confirme l’importance du repérage proactif et de l’orientation vers le médecin traitant ou les structures adaptées.

Des parcours coordonnés renforcés 

Deuxième axe du plan, un parcours coordonné renforcé, jusqu’ici expérimental, sera déployé dès cette année pour certains adultes présentant une obésité sévère ou compliquée. Ce dispositif comprend, au-delà du suivi médical, des consultations de diététique, un accompagnement psychologique et de l’activité physique adaptée, avec une prise en charge financière prévue dans ce cadre.

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D’autres parcours sont annoncés pour les enfants et pour les patients candidats à la chirurgie bariatrique. 

Formation 

Le renforcement de la formation des professionnels de santé consitue le dernier axe du plan, notamment sur le repérage, l’accompagnement et les parcours de soins. Cette montée en compétences prépare les acteurs de proximité à jouer un rôle clé dans la prise en charge.

À l’officine, cela se traduit déjà par plusieurs leviers : suivi de l’observance, la délivrance de conseils adaptés, la détection des effets indésirables et le transmission de messages de prévention. Une mission stratégique, d’autant plus que les patients en situation d’obésité sont souvent polymédiqués.

En attente de remboursement

Si la feuille de route reconnaît les bénéfices des nouveaux traitements anti-obésité, notamment les analogues du GLP-1 commercialisés en France depuis 2024, les autorités sanitaires soulignent la nécessité d’une vigilance accrue face aux risques de mésusage. Le remboursement par l’Assurance maladie n’est donc pas encore acté. La Haute Autorité de santé a toutefois ouvert la possibilité d’une prise en charge dans des conditions de prescription strictes, il y a quelques mois, pour des patients en situation d’obésité sévère.

En attendant le remboursement éventuel des traitements, les pharmaciens peuvent se préparer en se tenant informés des recommandations officielles et en se formant aux indications et conditions de prescription. L’enjeu concernera autant le conseil, que la sécurisation de la délivrance et le suivi des prescriptions.