Les corticoïdes utilisés par voie inhalée constituent le traitement de référence de l’asthme. Leur efficacité dépend en grande partie de leur bon usage et d’une technique d’inhalation maîtrisée. Les points clés de l’accompagnement des patients.
Traitement de fond incontournable de l’asthme, les corticoïdes inhalés permettent de contrôler durablement l’inflammation bronchique et de prévenir les exacerbations. Leur efficacité dépend toutefois d’une observance rigoureuse et d’une maîtrise parfaite de la technique d’inhalation. Entre conseils d’utilisation et prévention des effets indésirables, le pharmacien joue un rôle central dans l’accompagnement des patients.
Mode d’action des corticoïdes inhalés
Ils inhibent la quasi-totalité des médiateurs de l’inflammation locale. Sous réserve d’une administration quotidienne, avec une bonne technique d’inhalation, les effets thérapeutiques attendus sont une diminution de la fréquence et de la sévérité des exacerbations bronchiques, une réduction de l’hyperactivité bronchique et une amélioration des paramètres fonctionnels ventilatoires.
L’atténuation des symptômes peut n’être ressentie par le patient qu’au bout de quelques jours, voire quelques semaines. Les corticoïdes inhalés seuls ne sont donc pas indiqués en traitement de la crise d’asthme mais en traitement de fond.
Conseils d’utilisation
Cinq molécules sont actuellement disponibles : béclométasone, budésonide, fluticasone, ciclésonide et mométasone.
Ces molécules peuvent être administrées seules ou, s’agissant des trois premières, en association (béclométasone, budésonide et fluticasone) avec un bronchodilatateur.
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Si la posologie comprend plusieurs bouffées par prise, chacune d’entre elles doit être administrée en respectant un intervalle d’au moins 30 secondes entre les inhalations.
En cas de prescription de plusieurs médicaments inhalés, il est d’usage de commencer l’administration par les bronchodilatateurs bien qu’aucune étude ne prouve que la dilatation des bronches facilite la distribution locale du corticoïde inhalé ensuite.
L’utilisation d’une chambre d’inhalation associée à un aérosol-doseur peut être recommandée chez les enfants, les personnes n’ayant pas une bonne coordination mains/poumons ou celles qui manquent de force pour appuyer sur l’aérosol doseur (atteintes d’une pathologie rhumatismale, par exemple). Dans ce cas, il est nécessaire de rappeler que la chambre d’inhalation doit être lavée toutes les semaines avec de l’eau tiède légèrement savonneuse et qu’il faut la laisser sécher sans l’essuyer pour préserver ses propriétés antistatiques.
L’entretien pharmaceutique des patients asthmatiques
La prescription d’un corticoïde inhalé pour une durée prévisible supérieure ou égale à 6 mois chez un patient de 18 ans et plus, naïf de traitement ou sans traitement de fond depuis au moins 4 mois, offre la possibilité aux pharmaciens de proposer un accompagnement pharmaceutique.
Ils ont comme objectifs de favoriser l’adhésion thérapeutique et d’améliorer son efficacité. Cet accompagnement comprend 1 entretien d’évaluation et 2 autres dits « thématiques » à réaliser au cours de la première année de traitement, puis 2 nouveaux entretiens thématiques les années suivantes.
Bon usage des dispositifs d’inhalation
Les aérosols-doseurs ou sprays : le réservoir contient le médicament sous forme liquide en suspension dans un gaz propulseur. L’administration nécessite une bonne coordination pour synchroniser le déclenchement de l’aérosol et l’inspiration du patient.
Les inhalateurs à poudre sèche (contenue dans des gélules ou intégrée dans le dispositif lui-même) : l’inhalation repose sur la capacité du patient à exercer une inspiration forte et profonde pour permettre au médicament d’arriver jusqu’aux poumons.
Les erreurs de manipulation des dispositifs d’inhalation conduisent généralement à un mauvais contrôle de l’asthme et nuisent à l’observance des traitements.
Le choix du dispositif doit donc être adapté aux envies et aux capacités de compréhension propres à chaque patient.
Il est essentiel de vérifier que le patient utilise correctement son dispositif d’inhalation (même en cas de renouvellement). Des vidéos d’aide à l’emploi sont disponibles sur le site de la Société de pneumologie de langue française.
Effets indésirables
Les effets indésirables sont essentiellement locaux : candidose oropharyngée, raucité de la voix. Ceux-ci peuvent être prévenus par un rinçage soigneux de la bouche avec de l’eau (sans l’avaler), voire un brossage des dents après l’administration.
Les effets systémiques (syndrome de Cushing, insuffisance surrénalienne, retard de croissance chez les enfants, etc.) sont rares mais ils peuvent apparaître lors de traitement au long cours avec des doses élevées.
Le cas de la BPCO
Les corticoïdes seuls ne disposent pas d’autorisation de mise sur le marché (AMM) pour le traitement de la bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO). Ils sont toujours utilisés en association fixe avec un bronchodilatateur.
Les principales spécialités de corticoïdes inhalés seuls
Sources : base de données publique des médicaments ; « Recommandations pour la prise en charge et le suivi des patients asthmatiques », Société de pneumologie de langue française ; « L’accompagnement pharmaceutique des patients asthmatiques », Assurance maladie ; « Asthme de l’adulte : bon et mauvais usage de corticothérapie inhalée », La Revue du praticien, janvier 2019 ; « Fiche mémo : voie pulmonaire », Omedit Île-de-France, juin 2024.