Existe-t-il une différence entre les formes d’époétines et peut-on les substituer ?

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Existe-t-il une différence entre les formes d’époétines et peut-on les substituer ?

Publié le 26 avril 2026
Par Yves Guillopé
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[QUESTION DE COMPTOIR] Lucas, étudiant en pharmacie, interroge son titulaire après qu’un patient lui a présenté une ordonnance de Retacrit. En se renseignant sur ce médicament, il remarque qu’il s’agit d’un biosimilaire d’Eprex, mais s’étonne de voir qu’il contient de l’époétine zêta et non alfa. Il s’interroge sur l’équivalence réelle entre ces deux spécialités. Éléments de réponse.

Les époétines utilisées en thérapeutique sont des érythropoïétines (EPO) biosynthétiques utilisées pour stimuler la synthèse des globules rouges. Elles sont indiquées dans le traitement de certaines anémies (liées à une insuffisance rénale chronique ou à une chimiothérapie) ou en préparation d’une chirurgie orthopédique. Les spécialités disponibles contiennent de l’époétine alfa (Eprex, Binocrit), bêta (NeoRecormon), thêta (Eporatio) et zêta (Retacrit). Parmi celles-ci, un groupe biologique similaire rassemble Eprex (médicament de référence), ainsi que Binocrit et Retacrit (biosimilaires). L’époétine zêta se distingue de la forme alfa par une simple différence de glycosylation issue du procédé de fabrication, qui n’a pas de conséquence sur la cinétique et la pharmacodynamie du médicament. Malgré la différence de dénomination du principe actif, Retacrit est donc bien un biosimilaire d’Eprex et la substitution au sein de ce groupe est possible à l’officine.

Pas de biosimilaires pour toutes les références

En raison de leurs profils de glycosylation distincts, qui modifient leurs propriétés pharmacocinétiques, NeoRecormon et Eporatio n’appartiennent pas au groupe d’Eprex et ne sont pas substituables. La darbépoétine alfa (Aranesp) comporte des chaînes glucidiques additionnelles qui lui confèrent une demi-vie plus longue. La méthoxy polyéthylène glycol-époétine bêta (Mircera) est une forme pégylée qui dispose de la demi-vie la plus prolongée et d’une activité modifiée sur le récepteur de l’EPO. Ces deux dernières spécialités n’ont pas de biosimilaire à ce jour.

Sources : « Documents de référence : médicaments biosimilaires », mis à jour en février 2026, Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé ; Guide pharmaco clinique, 6e édition, octobre 2020, Les Éditions Le Moniteur des pharmacies ; base de données publique des médicaments.

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