Une autre paire de manches

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Publié le 14 octobre 2017 | modifié le 3 février 2025
Par Laurent Lefort
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La ministre de la Santé, Agnès Buzyn, persiste et signe. Jeudi 5 octobre, sur le plateau de l’émission « Envoyé spécial » sur France 2 , elle a assuré qu’il n’y avait pas eu d’erreur médicale avec Levothyrox. Ce qui est exact. En revanche, ses griefs sont maintenus : « Faute d’écoute et d’information » des patients. Les pros sont tellement mauvais dans le domaine qu’il est désormais envisagé de développer des communications axées directement vers les patients. Reste à ravaler sa salive. Et à mettre un terme à ce « trop grand paternalisme avec les patients ». Compris autrement, vous êtes beaucoup trop sympas et votre empathie, intrinsèquement liée aux valeurs du métier, est à deux doigts de vous retomber sur la figure. Et oui, à force d’avoir appliqué à la lettre le « il ne faut pas leur faire peur. Si on commence à détailler les effets indésirables, ils ne prendront jamais leur traitement », voilà que ces patients psychologiquement cajolés reprochent de ne pas avoir été suffisamment informés. Et l’argument est recevable. Il pourrait même conduire à se demander si l’autocensure, contre-productive, ne contribue pas à exacerber une méfiance irrationnelle à l’encontre des médicaments. Mais comment s’y prendre ? Adopter les recommandations de la ministre et livrer en bloc les informations, aussi déplaisantes soient-elles. En considérant que le niveau de compréhension et d’assimilation du récepteur est secondaire. Eventuellement. Etre plus transparent, mais en adaptant son discours à la personne en face de soi, laquelle n’a pas forcément envie de tout savoir sur tout. Certainement. Répéter que le médicament ne sera jamais un bonbon. Inlassablement.

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