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Territoires fragiles : aurez-vous droit aux 20 000 euros d’aide ?
Un avenant « flash » à la convention pharmaceutique va être négocié entre la Caisse nationale de l’Assurance maladie (Cnam), la Fédération des syndicats pharmaceutiques de France (FSPF) et l’Union des syndicats de pharmaciens d’officine (USPO) afin de soutenir les officines en territoires fragiles. Parmi les pistes figure la suppression du zonage des Agences régionales de santé (ARS), jusqu’ici calqué sur la démographie médicale.
Jeudi 19 mars, l’Union nationale des caisses d’assurance maladie (Uncam) a posé les orientations en vue de la négociation d’un avenant « flash » à la convention pharmaceutique consacré au soutien des officines implantées en territoires fragiles. L’organisme a d’abord acté la suppression du zonage défini par les agences régionales de santé (ARS) pour identifier les pharmacies en difficulté, un dispositif contesté car fondé sur un découpage administratif conçu pour les médecins et plafonné à 3 % de la population.
Pour mémoire, l’article 63 de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 a ouvert la possibilité d’attribuer l’aide forfaitaire, pouvant atteindre 20 000 euros sur trois ans, à l’ensemble des officines, et non plus aux seules situées dans les zones définies par les ARS. En 2025, le décret et l’arrêté « Territoires fragiles », publiés au Journal officiel à l’été 2024, avaient permis à 149 pharmacies d’en bénéficier pour un montant total de 2,96 millions d’euros.
Un satisfecit de courte durée
Après la publication de la loi de financement de la Sécurité sociale (LFSS) pour 2026, la Fédération des syndicats pharmaceutiques de France (FSPF) avait saisi l’Assurance maladie pour demander une révision rapide de l’avenant n°1 de la convention concernant les pharmacies fragiles. L’objectif du syndicat est clair : étendre l’aide de 20 000 euros, jusque-là limitée à certains territoires, à toutes les pharmacies isolées et à faible chiffre d’affaires. « Nous avons obtenu une réponse positive et l’Uncam a donné mandat à son directeur général Thomas Fatôme pour ouvrir des négociations rapides. Je proposerai donc à l’Assemblée générale de la FSPF d’engager sans délai un nouvel avenant pour permettre à un plus grand nombre de pharmacies – potentiellement un millier – de bénéficier de cette aide ».
La nécessité de remèdes plus structurants
Pour Philippe Besset, cette mesure n’est cependant qu’un pansement. « Les fermetures d’officines s’accélèrent, il faut agir immédiatement. Cette aide permettra de soutenir les pharmacies à court terme, pendant que nous travaillons à construire un modèle économique plus solide et durable pour l’avenir », ajoute-t-il.
De son côté, l’Union des syndicats de pharmaciens d’officine (USPO), par la voix de son président Pierre-Olivier Variot, estime que « la pharmacie doit vivre de son travail, et non de subventions. Ce qu’il faut, c’est mieux rémunérer le cœur de notre métier et nos missions. » La notion de « territoire fragile » n’est pas pertinente aux yeux de l’USPO. Elle est basée sur la démographie médicale, qui ne correspond pas à la réalité économique des pharmacies. « Certaines officines rurales fonctionnent très bien, sans avoir besoin de cette aide », affirme Pierre-Olivier Variot.
Une aide de 20 000 euros peut-elle régler les problèmes des pharmacies à la peine ? Ces béquilles arrivent parfois trop tard pour éviter au titulaire de baisser son rideau. Une réponse globale aux difficultés du secteur est indispensable. « Nous pensons qu’il faut plutôt travailler sur des solutions de fond : revaloriser nos missions, intégrer de nouveaux services comme le dépistage de l’hypertension, et s’appuyer sur des évolutions législatives pour structurer durablement le modèle économique des officines. », conclut le président de l’USPO.
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