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Remboursement des fauteuils roulants : la ministre tape du poing sur la table contre les complémentaires
Difficultés de facturation, organismes complémentaires aux abonnés absents, patients laissés à l’abandon… Cinq mois après son lancement, la réforme des fauteuils roulants est un fiasco. Un comité de pilotage s’est tenu mercredi 15 avril à la Direction de la sécurité sociale (DSS) pour tenter de résoudre de nombreux dysfonctionnements techniques. Les mutuelles, particulièrement impréparées, sont dans le viseur de la ministre de la Santé.
Ils sont 190.000 patients à avoir demandé à bénéficier d’un fauteuil roulant durant ces quatre derniers mois. « 75 % de ces fauteuils sont à la location. Les trois-quarts des usagers concernés sont donc dans le pétrin à cause de cette réforme mal ficelée », dénonce Patrick Raimond, président de l’Union des syndicats de pharmaciens d’officine (USPO) dans les Bouches-du-Rhône. Le syndicaliste a assisté au comité de pilotage qui a eu lieu hier à la DSS en présence de la ministre de la Santé. « Stéphanie Rist a mis en demeure l’Union nationale des complémentaires santé (Unocam) d’assurer le remboursement de leur part des locations de fauteuil d’ici à la prochaine réunion, prévue dans un mois et demi », poursuit le pharmacien. Car les complémentaires continuent de rejeter la prise en charge des 65 % des frais de location de fauteuils roulants, mettant en difficulté patients, prestataires et pharmaciens.
Les complémentaires « en dessous de tout »
« L’Unocam a admis qu’un problème de paramétrage informatique empêche les prises en charge. Elle avoue aussi que les complémentaires ont du mal à intégrer les nouvelles périodes de location. Leur niveau d’impréparation est consternant alors qu’ils ont été informés de ces changements dès mai 2025 », s’étonne Patrick Raimond. Pour Fabrice Camaioni, vice-président de la Fédération des syndicats pharmaceutiques de France (FSPF), le problème n’est pas seulement technique : « Lorsque les pharmaciens font payer cette part au patient en leur fournissant une facture, les mutuelles refusent malgré tout d’assumer le reste à charge. » Les réponses de la représentante de l’Unocam ne sont pas rassurantes : « Elle a évoqué un rendez-vous la semaine prochaine avec les syndicats de pharmaciens, de prestataires et les éditeurs de logiciels. Un rendez-vous qui n’apparaît au planning d’aucune de nos organisations », assurent les syndicalistes.
Des pharmaciens veulent jeter l’éponge
Résultat : excédés, de plus en plus de pharmaciens songent à renoncer à louer des fauteuils roulants. « Tous nos présidents départementaux font remonter ce sentiment de découragement », assure Patrick Raimond. D’autant que les officinaux doivent faire face à d’autres situations sensibles : « Les patients en arrêt de travail ne bénéficient pas d’une prise en charge complète pour la location de leur fauteuil, dont le reste à charge doit être assumé soit par la mutuelle soit par l’employeur. Dans les deux cas, ce sont des tracasseries pour nous au comptoir », déplore Fabrice Camaioni.
Les patients AME en difficulté
Pour les bénéficiaires de l’Aide médicale de l’Etat (AME), c’est pire : « L’Assurance maladie rembourse 3,82 euros par semaine de location et laisse au patient un reste à charge hebdomadaire de 7,1 euros. Ces patients très précaires ne peuvent pas payer cette somme. J’en ai parlé à la ministre de la Santé. J’espère qu’elle permettra de débloquer cette situation », poursuit le syndicaliste.
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