Médicaments, dispositifs, franchises : la facture pourrait exploser pour l’officine en 2026

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Médicaments, dispositifs, franchises : la facture pourrait exploser pour l’officine en 2026

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Publié le 17 octobre 2025
Par Sana Guessous
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Déposé à l’Assemblée nationale le mardi 14 octobre, le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2026 prévoit une cure d’austérité de 7,1 milliards d’euros pour le budget de la santé. Redoutant l’impact de ces économies conséquentes sur la viabilité des officines, les syndicats planchent sur des amendements au texte et comptent rapidement les soumettre aux députés. 

« Le PLFSS 2026 comporte de nombreux risques pour la pharmacie », avertit Philippe Besset, président de la Fédération des syndicats pharmaceutiques de France (FSPF). Le doublement des franchises médicales est l’une des mesures qui cristallisent l’inquiétude : « Le gouvernement nous dit que c’est pour responsabiliser les patients. Il n’en est rien. Nous voyons cela comme un appel inacceptable à renoncer aux soins », poursuit-il. Cette mesure, qui rapporterait 2,3 milliards d’euros à l’Etat, veut également « rendre visible le recouvrement » des franchises, qui seraient ainsi collectées par les pharmaciens. « Un pharmacien n’est pas un collecteur d’impôts », tranche Pierre-Olivier Variot, président de l’Union des syndicats de pharmaciens d’officine (USPO). Et d’ajouter que « cette mesure va être singulièrement difficile à mettre en place. Les officinaux n’ont aucune façon de vérifier le forfait restant de chaque patient. »

Baisses de prix et déprescription tous azimuts 

Autre point noir de ce PLFSS, les baisses de prix que le gouvernement entend opérer, pour générer « 1,4 milliard d’euros d’économies sur le médicament et 200 millions d’euros sur les dispositifs médicaux », énumère Philippe Besset. « Si les baisses concernent encore les médicaments matures ou les génériques, l’impact sur notre économie sera énorme », redoute Pierre-Olivier Variot. 

Le PLFSS souhaite également accélérer la déprescription, au moyen notamment de dispositifs d’intéressement versés aux prescripteurs. « L’Etat veut tirer 900 millions d’euros d’économies de la baisse des volumes de médicaments prescrits. Encore une mesure dont pâtiront nos officines », assure Philippe Besset. 

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Deux semaines pour déposer des amendements 

Les syndicats peaufinent actuellement les amendements au projet de loi qu’ils souhaitent faire voter par les parlementaires. Ces amendements à soumettre jusqu’au 2 novembre, concernent aussi les dispositions du PLFSS sur les biosimilaires, car même si les officinaux ont obtenu une feuille de route satisfaisante pour porter leur pénétration à 80 % – tiers-payant contre biosimilaires, prescription en dénomination commune, etc. -, le texte pourrait être amélioré.