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Le pharmacien de coordination survivra-t-il aux sénateurs flingueurs ?
Inattendu et radical ! La commission des Affaires sociales du Sénat, examinant en 4 jours 1 400 amendements à la loi HPST, a à cette occasion rejeté le « pharmacien de coordination », pourtant adopté à l’unanimité des députés en mars ! Impossible à l’heure où nous bouclions, mercredi, de dire si la mesure aura été rétablie par les sénateurs en séance – ils commençaient mardi l’examen du titre I (l’hôpital). Les représentants officinaux, qui n’avaient pas vu le coup venir, comptaient bien faire du lobbying pour cela.
Quant à Roselyne Bachelot, la seule référence à l’officine dans son discours devant les sénateurs, mardi, a été pour « saluer aussi les travaux de la commission concernant les pharmaciens d’officine ». Politesse d’usage ? Depuis une semaine la ministre, furieuse, annonçait vouloir rétablir un certain nombre de mesures en séance.
Roselyne Bachelot ne reconnaît plus son texte
Il faut dire que le projet de loi a largement été réécrit. Versant hôpital, les pouvoirs du directeur, socle de la réforme, sont considérablement amoindris. En médecine de ville, exit le « contrat de solidarité » qui pouvait pénaliser les médecins en zones surdenses à partir de 2012, de même que le « testing » (pour détecter les refus de soins) ou la contrainte liée aux gardes…
Concernant la gouvernance, l’agence régionale de santé n’élabore plus la politique régionale de santé, elle met en oeuvre la politique nationale et il en est de même pour la gestion du risque… La CNAM doit souffler !
Côté pharmacie, certains arguments sénatoriaux méritent le détour. Sur les missions du pharmacien, Nicolas About (Union centriste), médecin, reprochait que le pharmacien de coordination « ne fasse l’objet d’aucune définition ». Le rapporteur Alain Milon (UMP), également médecin, justifie de la même façon la suppression de toute référence aux actions de prévention et de dépistage par les pharmaciens.
Le lobby médical toujours très actif
On sent ici la patte des médecins, dont l’Ordre dénonçait une confusion des rôles, tandis que la CSMF (principal syndicat médical) souhaitait que seul le médecin puisse assurer la coordination des soins. La ministre s’est étonnée de « la suppression de la référence aux prestations effectuées par les pharmaciens ». Réponse d’Alain Milon : « Le terme « prestations » renvoie à des actes remboursables, ce qui peut poser des difficultés… » Isabelle Debré (UMP) s’inquiétait, elle, des critères de désignation du pharmacien coordinateur par le patient !
Ce coup de balai de la commission ne semble cependant pas suffire à la CSMF qui voudrait supprimer l’amendement permettant la délivrance de la pilule sans prescription pour trois mois. La CSMF qui qualifiait au passage, mardi, les syndicats soutenant la loi Bachelot de « cabines téléphoniques », « organisations minoritaires manipulées » par la ministre. Et d’annoncer une nouvelle action du Centre national des professionnels de santé, donc de tous les libéraux (!), contre la loi.
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