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Encore trop d’indus infondés, faut-il une entente préalable ?
D’après les syndicats, les demandes d’indus adressées par l’Assurance maladie aux officines continuent de s’accumuler, souvent pour des motifs jugés dérisoires. L’USPO dénonce des dérives administratives, tandis que la FSPF alerte sur des indus très importants liés aux médicaments chers. Mais il y a peut-être une solution…
Les indus infondés se multiplient dans les officines. « Au sein de la commission paritaire nationale dont la dernière session a eu lieu la semaine dernière, un groupe de travail sur les indus essaiera désormais de voir comment les éviter », a indiqué mercredi 10 décembre Pierre-Olivier Variot, président de l’Union de syndicats de pharmaciens d’officine (USPO).
Certains rappels restent légitimes, précise-t-il. « Quand c’est mal facturé et que la pharmacie a mal fait le job, l’indu est là et nous n’avons rien à dire. » Mais une grande partie des situations signalées tient à des écarts strictement administratifs. « Par exemple, le pharmacien n’a pas scanné le bon volet sur les médicaments d’exception : il scanne le premier volet mais pas le dernier, parce que le dernier, pour l’Assurance maladie, est illisible. Or cela n’est pas accepté car ce n’est pas le bon volet », explique Pierre-Olivier Variot.
Les contrôles portent aussi sur des tampons « mal placés », suffisants pour déclencher une procédure. « C’est inadmissible d’avoir un indu pour cela », insiste le président de l’USPO.
Des montants critiques sur les médicaments coûteux
La Fédération des syndicats pharmaceutiques de France (FSPF) met en lumière un enjeu autrement plus lourd : les indus liés aux médicaments très coûteux. « Le problème dans les indus, c’est les médicaments chers », résume Philippe Besset, président de la FSPF.
Les difficultés proviennent surtout de prescriptions hospitalières parfaitement justifiées sur le plan clinique, mais qui ne respectent pas le formalisme administratif exigé par les caisses. « Comment faire quand le soin remis à un patient est légitime… et qu’en revanche la prescription du médecin ne respecte pas le formalisme ? »
Le dilemme est immédiat pour les officines. « Soit le pharmacien interrompt les soins du patient… soit il prend un risque de plusieurs dizaines de milliers d’euros », alerte Philippe Besset.
Vers une validation préalable pour sécuriser les délivrances
Face à cette situation jugée intenable, la FSPF réclame la mise en place d’une procédure de validation opérationnelle, permettant aux pharmaciens d’obtenir rapidement l’accord des caisses avant la facturation. Une étape qui éviterait que des délivrances médicalement fondées se transforment en risques financiers majeurs pour les officines.
L’USPO soutient également la nécessité d’un dispositif plus lisible, capable de distinguer les erreurs réelles des simples anomalies administratives. Pour les deux organisations, la sécurisation des délivrances passe désormais par une réforme claire des pratiques de contrôle et un mécanisme de validation préalable garantissant la continuité des soins.
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