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Fauteuils roulants : une réforme bloquée, pharmaciens et patients pris en étau
Plus de quatre mois après son entrée en vigueur, la réforme de la prise en charge des fauteuils roulants n’est toujours pas au point. Logiciels métier pas adaptés, remboursements rejetés par les complémentaires santé… Pour louer des fauteuils aux usagers, officinaux et prestataires de santé à domicile doivent faire face à une multitude de problèmes techniques et administratifs.
La réforme promettait une prise en charge simplifiée des fauteuils roulants. Dans les faits, il n’en est rien. « Louer un fauteuil est aujourd’hui un parcours du combattant », dénonce Fabrice Camaioni, vice-président de la Fédération des syndicats pharmaceutiques de France (FSPF). Lors de divers comités de pilotage et groupes de travail sur cette réforme, le syndicaliste n’a cessé de signaler les difficultés auxquelles doivent faire face les officinaux pour louer des fauteuils roulants à leurs patients. « On peut, depuis peu, facturer des locations pour les patients bénéficiaires de la complémentaire santé solidaire (C2S). C’est le seul problème résolu jusqu’à présent. »
Les complémentaires santé ne remboursent toujours pas leur part de la location
La majorité des organismes complémentaires refusent de prendre en charge les 65 % du tarif de location des fauteuils roulants qu’elles doivent assumer. « Ces complémentaires n’ont toujours pas implémenté les règles de prise en charge associées à la réforme. Cela conduit à des rejets systématiques des dossiers », déplore Alexandra Duvauchelle, directrice générale de la Fédération des prestataires de santé à domicile (Fedepsad). Pour les pharmaciens, ce n’est pas le seul problème : « On ne sait pas encore facturer aux mutuelles. Les LGO ne le permettent pas. Résultat, j’ai un certain nombre de locations en cours ou pour lesquelles les fauteuils ont déjà été rendus, que je n’ai toujours pas facturé », assure Fabrice Camaioni. Il est loin d’être le seul : « De très nombreux adhérents nous ont fait part de ce problème persistant et de son impact sur leur trésorerie », affirme Lucie-Hélène Pagnat, directrice générale de l’Union des syndicats de pharmaciens d’officine (USPO). Lors d’un récent groupe de travail, les mutuelles ont été sommées de se mettre en règle avec leurs obligations. « Nous nous sommes entretenus mercredi 8 avril avec la ministre de la Santé. Elle s’est engagée à essayer de lever tous les blocages », espère Alexandra Duvauchelle.
Des officinaux réduits à bricoler
Que faire en attendant ? « Le pharmacien peut facturer la location et faire payer les patients qui sont en mesure d’avancer le reste à charge. Autre solution : appeler la mutuelle avant de louer le fauteuil pour s’assurer de sa prise en charge, et lui adresser une facture pour se faire rembourser manuellement », suggère Fabrice Camaioni, admettant toutefois qu’il s’agit là de « conseils de bricole. »
Une régression pour de nombreux usagers
Lancée dans la précipitation, cette réforme occasionne des défis inédits pour certains patients, dont les salariés victimes d’un accident de travail. « Avant, ils ne payaient rien. Aujourd’hui, ils ont un reste à charge pour lequel on ne peut pas faire intervenir la mutuelle et qu’ils doivent assumer ou faire assumer par leur employeur. Pour ces patients, la réforme est une régression. Cela nous génère aussi une complexité dont nous nous serions bien passés », regrette le syndicaliste.
Un comité de pilotage aura lieu le 15 avril. « Nous espérons avoir des réponses satisfaisantes à tous ces questionnements », assure Lucie-Hélène Pagnat.
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