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Études de santé : ci-gît Pass/LAS, que vive la licence orientée santé !
La ministre de la Santé, Stéphanie Rist, et Philippe Baptiste, ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Espace, ont annoncé vendredi 17 avril 2026 une réforme de la première année d’accès aux études de santé. Celle-ci sera effective à compter de la rentrée universitaire de 2027 par la mise en place d’une licence orientée santé harmonisée. Elle remplacera le parcours accès spécifique santé (Pass) et la licence accès santé (LAS), mis en place il y a quatre ans seulement.
Un besoin de « clarté, d’équité et d’accompagnement », c’est à cette demande que le gouvernement affirme vouloir répondre en faisant table rase des parcours accès spécifique santé (Pass) et licence accès santé (LAS) au profit d’une licence orientée santé, dixit les ministres de tutelle, Stéphanie Rist pour la Santé et Philippe Baptiste pour l’Enseignement supérieur. Parmi les reproches les plus communément adressés par les associations étudiantes aux Pass/LAS figure leur hétérogénéité sur divers plans.
De fait, selon les territoires, les modalités d’accès, les volumes horaires ou encore les critères de sélection ont tendance à varier de façon significative. « Il faut admettre que l’essai n’a pas été totalement transformé. La diversification des profils n’a pas réellement été au rendez-vous. », a reconnu Stéphanie Rist, lors de la conférence de presse du 17 avril. Les grandes universités rassemblées au sein de l’association Udice et qui accueillent 70 % des étudiants en santé ont, quant à elles, qualifié la réforme de 2020 de « véritable fiasco ». « Avec Stéphanie Rist, nous avons conduit une concertation approfondie avec l’ensemble des acteurs. Aujourd’hui, les conclusions de la concertation nous éclairent sur une évolution du modèle pour qu’il soit harmonisé, lisible et équitable sur tout le territoire », a déclaré pour sa part Philippe Baptiste, ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Espace.
5 filières « MMOPK » et 3 blocs pour faire plus simple
La réforme décrétée par les pouvoirs publics ouvrira toujours l’accès à cinq filières MMOPK : la médecine (M), la maïeutique (M), l’odontologie (O), la pharmacie (P) et la kinésithérapie (K).
La première année sera désormais structurée autour de trois blocs d’enseignement. Un bloc santé permettra d’acquérir les connaissances scientifiques fondamentales communes aux 5 filières MMOPK. Un bloc disciplinaire dispensera les enseignements en biologie, droit, sciences humaines, soins infirmiers, etc. Enfin, un troisième bloc regroupera les compétences psychosociales, communication, éthique, sciences humaines et sociales.
Des modalités de sélection amendées
Pour pouvoir déposer une candidature, un étudiant devra avoir validé tous les blocs d’enseignement. La sélection reposera sur l’ensemble du parcours universitaire. Les résultats obtenus aussi bien en santé que dans la discipline choisie seront pris en compte, selon des coefficients qui n’ont pas encore été détaillés. Deux opportunités s’offriront pour candidater. Soit les étudiants pourront le faire à la fin de la première année, soit à l’issue de la deuxième année de licence, à condition d’avoir validé les enseignements de santé. Contrairement à la situation antérieure, le redoublement de la première année sera de nouveau autorisé. Un étudiant aura une possibilité de deuxième chance en entrant dans le parcours en deuxième année, à condition d’avoir validé les blocs santé.
Un accès plus simple, plus lisible et plus équitable
La réforme qui se mettra en place à l’automne 2027 prévoit aussi une passerelle élargie pour les titulaires d’une licence complète afin de favoriser les vocations plus tardives. « Nous ouvrirons une voie de passerelle précoce pour les étudiants ayant validé une licence complète non médicale, tout en maintenant les passerelles existantes (avec un renforcement des passerelles paramédicales, en cas de validation de trois ans de cursus) », a expliqué Stéphanie Rist.
Point important pour les recrutements à venir dans la filière officinale : des places seront réservées dans un cadre optionnel, limité et expérimental pour les étudiants souhaitant s’orienter exclusivement vers les études de pharmacie.
Des étudiants qui attendent du concret
Reste à convaincre toutes les parties prenantes de la réelle faisabilité de cette réforme, tant sur le plan opérationnel que financier. À l’annonce de cette réforme, l’Association nationale des étudiants en pharmacie de France (Anepf) a exprimé des réserves et des doutes, soulignant que le sous-financement chronique de l’enseignement supérieur constituait un handicap et que les universités ne pourraient y parvenir sans une aide pleine et entière de l’État. « Le manque de financement entraînerait une diminution des capacités d’accueil et une sursélection arbitraire sur Parcoursup », a mis en garde l’association étudiante.
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