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Génériques et biosimilaires : ce qui a été décidé pour sauver la Rosp
Les arbitrages sur la rémunération sur objectifs de santé publique (Rosp) des génériques et biosimilaires pour 2025 ont été décidés début décembre en commission paritaire nationale (CPN). Pour son calcul final, les partenaires conventionnels ont acté quelques reports et la neutralisation de plusieurs médicaments, notamment à cause de retards dans la chute des brevets ou de ruptures d’approvisionnement.
Elle se fait désormais bien plus discrète que par le passé. En février 2025, la Fédération des syndicats pharmaceutiques de France rappelait pourtant son existence. Sous la dénomination « Pénétration des génériques, hybrides et biosimilaires », cette Rosp est inscrite dans la convention nationale pharmaceutique signée en 2022. Le syndicat ne manquait pas d’en souligner les limites. « C’est un gain de 12 millions d’euros pour le réseau. Je suis d’accord que ce n’est pas assez. Une Rosp plus importante et spécifique aux biosimilaires serait la bienvenue, mais pour moi, la priorité et ce qui va rapporter de l’argent au réseau rapidement, ce sont les remises », expliquait alors Philippe Besset, président de la FSPF. Si la Rosp ciblait l’ensemble du Répertoire, elle a néanmoins été revue lors de la dernière Commission paritaire nationale.
Ainsi, plusieurs médicaments ne seront pas intégrés dans le calcul pour 2025. C’est le cas de Xtandi (enzalutamide) qui dispose d’un Répertoire mais dont « la chute de brevet n’est pas attendue avant 2027 », explique Julien Chauvin, président de la commission Études et stratégie économiques de la Fédération des syndicats pharmaceutiques de France (FSPF).
Même situation pour Eliquis, pourtant très attendu par la profession. « Les indicateurs montrent que la fin de brevet interviendra fin novembre 2026, à la suite d’un report. Son intégration dans la Rosp 2025 n’est donc pas possible », précise-t-il.
Stelara neutralisé, Eylea reporté à 2026
Si, pour Eliquis (apixaban) et Xtandi, l’exclusion de la Rosp pour 2025 est liée au calendrier de chute des brevets, d’autres ajustements tiennent à l’absence de substitution possible ou à une substitution trop récente.
Dans cette logique, Stelara (ustekinumab) est neutralisé pour 2025 « car ce médicament n’est toujours pas substituable et on ne peut pas faire porter ce risque économique au réseau », explique Pierre-Olivier Variot, président de l’Union des syndicats de pharmaciens d’officine (USPO).
De la même manière, l’intégration de Eylea est reportée car ce biomédicament indiqué dans la dégénérescence maculaire liée à l’âge est devenu substituable depuis tout récemment. « Il n’est donc pas possible de calculer des indicateurs pour 2025 », indique Julien Chauvin. La spécialité doit en revanche entrer dans le périmètre de la Rosp 2026.
Trois molécules neutralisées dans le cadre de la stabilité de la substitution
Enfin, au titre des indicateurs de stabilité de la substitution, trois molécules sont neutralisées pour 2025 : atorvastatine, gliclazide et pravastatine. « En cause, de multiples ruptures d’approvisionnement observées au cours de l’année », explique Julien Chauvin.
« Tous ces ajustements signifient que des objectifs n’ont pas pu être atteints, non par manque de volonté, mais parce que les conditions n’étaient pas réunies », analyse-t-il.
Alors que le Répertoire des génériques, hybrides et biosimilaires est appelé à s’étoffer sensiblement dans les prochaines années, la Rosp censée accompagner cette dynamique reste désormais d’un poids économique limité pour le réseau officinal. La question n’est donc plus seulement celle des indicateurs ou du calendrier d’intégration des molécules, mais celle du niveau de rémunération accordé à la substitution. À mesure que le Répertoire s’élargit, la Rosp apparaît de plus en plus décalée par rapport aux efforts demandés aux officines. Le débat porte désormais sur les leviers économiques réellement capables de soutenir l’activité et de préserver le maillage officinal.
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