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Elections 2026 : que pouvez-vous attendre de votre maire en matière de santé ?
La santé est l’un des sujets majeurs des élections municipales des 15 et 22 mars 2026. Si les maires ne régulent ni l’installation des médecins ni le maillage officinal, ils disposent néanmoins de quelques outils pour agir localement et conserver une offre de soins de proximité.
Les maires sont dans une situation paradoxale. Ils sont très souvent les premiers à qui s’adresse la population pour se plaindre des difficultés croissantes d’accès aux soins, tout en étant légalement très limités dans leurs prérogatives en matière de santé. Beaucoup d’édiles ont le sentiment d’être pris “en sandwich” entre un contexte national tendu et des habitants inquiets, alors qu’au moins 6 millions de Français sont sans médecin traitant et que plusieurs centaines de pharmacies ferment chaque année.
Bien sûr, le maire exerce une mission obligatoire de police administrative afin de garantir la salubrité publique, comme par exemple l’interdiction d’accéder à des habitations insalubres ou la lutte contre les moustiques.
En revanche, ils ne disposent d’aucun pouvoir direct en ce qui concerne l’ouverture, le transfert ou le regroupement de pharmacies d’officine. Ces décisions relèvent du directeur général de l’agence régionale de santé (ARS). De la même façon, ils ne peuvent pas intervenir dans la régulation de l’installation de médecins.
Le rôle des maires est plutôt celui d’encourager et de faciliter la venue de professionnels de santé dans la commune, en rendant l’installation la plus attractive possible.
Cela peut passer par une mise à disposition de locaux ou de logements, des loyers attractifs, l’achat d’équipements, mais aussi parfois des solutions de garde pour les enfants voire un accompagnement professionnel du conjoint.
Des leviers législatifs, sous réserve de les utiliser
Toutefois, les évolutions récentes de la loi donnent quand même des leviers d’action assez importants aux maires, sous réserve qu’ils s’en saisissent et surtout qu’ils en aient les moyens.
Le code de la santé publique prévoit notamment que les communes peuvent créer et gérer leurs propres centres de santé, en salariant les professionnels qui y travaillent.
Les municipalités peuvent également accompagner la création de maisons de santé pluriprofessionnelles (MSP). Les professionnels qui y exercent restent libéraux mais la commune peut mettre des locaux à disposition, soutenir l’investissement et accorder des aides à l’installation.
Elles peuvent aussi contribuer financièrement à des projets d’investissement d’un hôpital ou d’une clinique (extension, modernisation, acquisition d’équipements, etc.). Si la décision médicale ne leur appartient pas, ces investissements peuvent permettre de développer ou du moins conserver une offre de soins.
Les maires ont également leur mot à dire dans la gouvernance de la santé sur le territoire. Ils peuvent participer au conseil d’administration de l’ARS (loi “3DS”) et siéger au conseil de surveillance de l’hôpital (si le territoire en compte un).
Les maires peuvent agir sur l’environnement de l’officine
Si les maires ne peuvent donc pas empêcher la fermeture d’une officine, ils peuvent agir sur son environnement pour éviter d’en arriver là (loyers modérés, mise à disposition de locaux, exercice coordonné, etc.). Ils peuvent aussi accompagner le titulaire dans ses démarches auprès de l’ARS pour solliciter une aide financière.
D’où ce paradoxe : la santé ne constitue pas, à proprement parler, une compétence communale mais elle est devenue, dans les faits, un enjeu central des élections municipales.
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