- Accueil ›
- Profession ›
- Socioprofessionnel ›
- 723 millions d’euros de fraude : l’Assurance maladie alerte sur des réseaux de plus en plus sophistiqués

© Getty Images/iStockphoto
723 millions d’euros de fraude : l’Assurance maladie alerte sur des réseaux de plus en plus sophistiqués
Montants multipliés par trois en quatre ans, montée en puissance de structures fictives, méthodes inspirées du grand banditisme : l’Assurance maladie décrit une fraude en mutation rapide et difficile à contenir.
Trois. C’est le chiffre par lequel les montants de fraude détectés et stoppés par l’Assurance maladie ont été multipliés entre 2021 et 2025. Un résultat qui « témoigne de l’amélioration de nos outils en termes de prévention et de détection, de l’efficacité des actions que nous menons, mais aussi de l’ampleur d’un phénomène qui reste important », a estimé le directeur général de l’Assurance maladie Thomas Fatome lors d’un point presse organisé ce jour pour présenter ces résultats. Celui-ci a tenu à alerter sur « une menace qui évolue et des fraudes qui sont de plus en plus sophistiquées », insistant sur la nécessité de poursuivre les efforts déjà engagés.
Des professionnels de santé majoritaires dans les montants en jeu
Comme les années précédentes, ce sont les professionnels de santé libéraux qui sont à l’origine de l’immense majorité des montants des montants en jeu (73,5 %, contre 15,8 % pour les assurés).
Des moyens toujours plus sophistiqués
Reste que la principale inquiétude de l’Assurance maladie en matière de lutte contre la fraude concerne les moyens toujours plus sophistiqués utilisés par les fraudeurs. Une évolution particulièrement visible pour les fraudes commises par les centres de santé. « Jusqu’en 2024, nous avions surtout des centres de santé qui avaient une offre de soins réelle, et qui pratiquaient des surfacturations ou des facturations fictives, a décrypté lors du point presse le général José-Manuel Montull, commandant de l’Office central de lutte contre le travail illégal (OCLTI), qui collabore avec l’Assurance maladie sur ce dossier. Nous avons en 2025 vu apparaître des réseaux d’escrocs 100 % fictifs, qui jouent sur la vitesse à l’image des braqueurs de banque. » En clair, ces structures créées ex nihilo facturent des actes fictifs au moyen d’identifiants patient volés en ligne, puis disparaissent avant d’avoir pu être détectés. « Ce sont des modèles très similaires à la criminalité organisée », commente José-Manuel Montull.
Un projet de loi pour croiser les données
Le projet de loi relatif aux fraudes sociales et fiscales, qui doit être étudié en Commission mixte paritaire (CMP) dans les jours à venir, comporte des dispositions très attendues par l’Assurance maladie pour l’aider à endiguer le phénomène. Ce texte doit notamment lui permettre de faciliter le croisement des bases de données, que ce soit avec les complémentaires, la Direction générale des finances publiques ou encore le ministère des Affaires étrangères. « Aucune institution ne peut agir seule, a commenté Marc Scholler lors du point presse de l’Assurance maladie. En partageant les données dont on dispose, on peut repérer les fraudes et les stopper plus rapidement. »
- Dispositifs médicaux : ce que les deux nouveaux décrets changent concrètement pour l’officine
- Fraudes : les pharmaciens au tableau d’honneur, – 32 % en un an
- Fauteuils roulants : une réforme bloquée, pharmaciens et patients pris en étau
- Sous-traiter la PDA, la bombe qui menace les officines
- ALD : la fin de l’exonération pour les médicaments à 15 %
- Médicaments chers : l’addition, s’il vous plaît !
- « Une vie sauvée toutes les huit secondes » : l’Institut Pasteur contre-attaque face à la défiance vaccinale
- Cancérologie : Muriel Dahan veut faire entrer l’officine dans la chaîne clinique
- Les ponts de mai ? On vous explique comment les gérer !
- Vendre et acheter des médicaments n’importe où : ces risques auxquels on ne pense pas





