PharmaVaxAuRA : l’entretien vaccinal structuré sera-t-il généralisé ?

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PharmaVaxAuRA : l’entretien vaccinal structuré sera-t-il généralisé ?

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Publié le 26 février 2026
Par Claire Okais
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Depuis l’élargissement des compétences vaccinales, les pharmaciens se sont imposés comme acteurs de premier plan de la prévention. Mais pour être réellement efficiente, cette activité mériterait d’y consacrer plus de temps. C’est le constat fait par l’union régionale des professionnels de santé (URPS) Pharmaciens Auvergne Rhône-Alpes (AuRA) qui vient d’achever une expérimentation d’entretien pharmaceutique autour de la vaccination. Bilan.

L’expérimentation PharmaVaxAuRA, menée du 22 octobre 2024 au 31 décembre 2025 en Auvergne-Rhône-Alpes, par l’URPS Pharmaciens AuRA avec MesVaccins.net et le laboratoire de recherche Clermont Recherche Management (CleRMa), a évalué l’intérêt d’un entretien vaccinal structuré et rémunéré en officine, appuyé par des outils numériques.

PharmaVaxAuRA, un temps d’échange individualisé

« Nous pouvons prescrire des vaccins, mais cela ne peut pas se faire de manière improvisée au comptoir, souligne Olivier Rozaire, président de l’URPS Pharmaciens AuRA. Expliquer à un patient sous chimiothérapie les recommandations vaccinales adaptées à sa situation exige un temps d’échange spécifique et structuré. » En Auvergne-Rhône-Alpes, l’expérimentation PharmaVaxAuRA marque une nouvelle étape dans l’évolution du rôle des pharmaciens. Le dispositif vise à structurer un véritable entretien vaccinal en officine, appuyé par des outils numériques et un temps dédié afin d’améliorer durablement la couverture vaccinale. « Cette expérimentation comprend 3 étapes : vérification et complétion du carnet vaccinal (via un carnet numérique) ; entretien motivationnel d’environ 15 minutes ; prescription et vaccination immédiate ou planifiée. » explique Daniel-Jean Rigaud, élu à l’URPS Pharmaciens AuRA et référent vaccination.

Un levier de vaccination

Les vaccinations de cette expérimentation ont concerné les vaccins contre la diphtérie, le tétanos, la poliomyélite et la coqueluche (dTcoqP), la grippe, le Covid-19, le zona et les pneumocoques. Une grande majorité de patients acceptaient la vaccination proposée, généralement réalisée le jour même. La simultanéité de l’entretien et de l’acte est d’ailleurs apparue comme un levier majeur d’adhésion.

Le dispositif doit contribuer à renforcer la connaissance en santé : le carnet numérique facilitant la traçabilité et le suivi dans le temps, et l’entretien améliorant la compréhension du calendrier vaccinal. Dans le cadre de l’expérimentation, l’entretien vaccinal était indemnisé 25 euros et durait en moyenne 13 minutes. Ensuite, s’ajoutent le temps de vaccination et de prescription (environ 7,5 minutes), avec une indemnisation de l’acte de prescription/vaccination modulée en fonction du nombre de vaccins.

Toutefois, ces durées ne prenaient pas en compte le temps réel de préparation, de traçabilité dans le carnet vaccinal électronique ou de coordination (informations vaccinales transmises au médecin traitant ou la sage-femme).

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Quel bilan ?

A l’issue de l’expérimentation, 2176 entretiens de vaccination menés auprès de patients volontaires âgés de 25 à 75 ans ont été réalisés dans 84 pharmacies actives de la région AuRA.

L’entretien vaccinal a été apprécié par 98 % des patients, dont les motivations était la confiance envers le pharmacien (47 %) et la facilité d’accès à la pharmacie (22 %).

L’acceptabilité du dispositif par les pharmaciens était très élevée et sa compréhension forte (94,7 %). Le dispositif était perçu comme adapté aux besoins professionnels (84,2 %).

Quelles perspectives ?

L’objectif affiché par l’URPS Pharmaciens AuRA est clair : démontrer l’efficacité des entretiens pour obtenir une intégration conventionnelle nationale. Pour Olivier Rozaire, « cet entretien gagnerait à être porté au niveau national et pourrait s’appliquer aux autres professionnels de santé effecteurs de la vaccination. Nous allons y travailler au cours de l’année 2026 ». À terme, pour Daniel-Jean Rigaud « l’entretien vaccinal structuré en officine pourrait devenir un maillon essentiel d’un parcours vaccinal coordonné, contribuant à réduire les inégalités territoriales et à renforcer la couverture vaccinale adulte en France. »