Tabac, alcool : renforcer la prévention pour réduire les comportements à risque

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Tabac, alcool : renforcer la prévention pour réduire les comportements à risque

Publié le 22 décembre 2025 | modifié le 26 décembre 2025
Par Pierre-Alexandre Lhotellier
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Le baromètre 2024 de Santé publique France met en lumière la persistance de comportements à risque sur la consommation d’alcool et de tabac, marqués par de fortes inégalités de genre et de niveau socio-économique, rappelant ainsi l’urgence de renforcer des politiques de prévention ciblées et adaptées.

Publiés le 11 décembre dernier, les résultats du baromètre 2024 de Santé publique France montrent que le tabagisme et la consommation d’alcool, responsables respectivement de 75 000 et 40 000 décès chaque année en France, restent des enjeux majeurs de santé, malgré une tendance à la baisse ces dernières années. Sur les 35 000 adultes de 18 à 79 ans interrogés, plus d’un adulte sur cinq (22,2 %) déclare ainsi avoir consommé de l’alcool au-delà des repères de risque* sur les 7 derniers jours ; et près d’un quart (24 %) indique fumer du tabac quotidiennement (17 %) ou occasionnellement (7 %). Des données qui cachent de fortes disparités de genre et de situation socio-économique.

*Les repères de consommation à moindre risque pour l’alcool sont les suivants : plus de 2 verres le même jour au moins 1 fois dans la semaine, ou plus de 5 jours dans la semaine, ou plus de 10 verres au total dans la semaine.

Pas tous égaux face au tabac et à l’alcool

Les consommations à risque sont en effet plus fréquentes chez les hommes, à la fois pour l’alcool (30 % des hommes déclarent une consommation au-delà des repères de risque, contre 15 % pour les femmes) et le tabac (20 % des hommes indiquent fumer quotidiennement, pour 15 % des femmes).

L’enquête met également en évidence d’importantes inégalités sociales. Ainsi, la proportion de fumeurs quotidiens est par exemple deux fois plus importante chez les ouvriers que chez les cadres (25,1 % contre 11,8 %). La tendance est inverse pour l’alcool, le rapport pointant toutefois qu’ « à niveau de consommation identique, ce sont les catégories sociales les moins favorisées qui subissent le plus fortement les conséquences négatives de la consommation d’alcool », soulignant ainsi l’importance d’une prévention ciblée et adaptée.

Vers une génération sans tabac en 2032

Du côté des consommateurs, l’enquête montre une conscience personnelle du risque : plus d’un quart (26,7 %) des consommateurs d’alcool dépassant les repères déclare ainsi vouloir réduire leur consommation ; de même, plus de la moitié (55,0 %) des fumeurs quotidiens indique vouloir arrêter de fumer, et 17,3 % ont essayé d’arrêter sur l’année écoulée.

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Le rapport relève par ailleurs une hausse de 29 % des ventes de traitements d’aide au sevrage tabagique en pharmacie entre 2021 et 2024. Avec son Programme National de Lutte contre le Tabac (PNLT) 2023-2027, le ministère de la Santé a établi l’objectif de « bâtir la première génération sans tabac à l’horizon 2032 », pour lequel les pharmacies sont en première ligne dans la prévention et l’accompagnement des fumeurs vers l’arrêt du tabac.

Décryptage du baromètre 

Le baromètre fera l’objet d’un décryptage en plusieurs articles : 

1/ Tabac, alcool : renforcer la prévention pour réduire les comportements à risque

2/ Santé mentale : des troubles psychiques fréquents insuffisamment pris en charge

3/ Changements climatiques : quel impact sur la santé et la vie des Français ? 

4/ Vaccination, antibiorésistance, maladie de Lyme : les Français sont-ils bien informés ? 

5/ Sommeil, activité physique, diabète : la qualité de vie, un privilège social ?