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Ces nouvelles prises en charge qui pourraient bien faire leur apparition en officine
Après la signature de l’avenant n° 2 à la convention nationale pharmaceutique, une réunion bilatérale de travail s’est tenue mardi 7 avril entre l’Union des syndicats de pharmaciens d’officine (USPO) et l’Assurance maladie. Il y a été questions de missions inédites à confier aux officinaux.
« Les quatre missions Osys ne sont pas une finalité mais une étape. La loi de financement de la Sécurité sociale (LFSS) nous confère un rôle d’orientation plus large », assure Pierre-Olivier Variot, président de l’Union des syndicats de pharmaciens d’officine (USPO). Lors d’une réunion de travail avec la Caisse nationale de l’Assurance maladie (Cnam), le syndicat a proposé le 7 avril un large panel de prises en charge en officine. « Nous avons bien sûr rappelé qu’un modèle économique solide est une condition indispensable à la mise en œuvre de ces futures missions », ajoute le syndicaliste.
Mesurer la tension artérielle en officine
Cette mission pourrait rapidement rejoindre l’arsenal thérapeutique officinal. Examinée à l’Assemblée nationale depuis le 7 avril, une proposition de loi permettra aux pharmaciens de mesurer la pression artérielle de leurs patients. « Il ne s’agira pas seulement de mesurer la tension mais d’offrir un réel accompagnement au patient, en lui prenant un rendez-vous en urgence avec le médecin ou en posant un holter tensionnel lorsque le médecin autorise à le faire. En cas d’indisponibilité du médecin, nous devrions pouvoir prescrire un hypotenseur. Le syndicat national des cardiologues s’est prononcé en faveur de cette idée », affirme Pierre-Olivier Variot.
Étendre Osys aux conjonctivites bactériennes
La prise en charge de la conjonctivite dans le cadre de l’expérimentation Osys permet aux pharmaciens de délivrer sérum physiologique, larmes artificielles et collyres antiallergiques. « Cette mission doit être étendue aux conjonctivites bactériennes, afin de prescrire et délivrer les collyres adaptés », demande Pierre-Olivier Variot, précisant toutefois que les enfants souffrant de conjonctivite infectieuse doivent, eux, être examinés par un médecin.
Soulager la douleur dentaire
Autre mission réclamée de longue date par l’USPO : la prise en charge des douleurs dentaires, qui fait l’objet de protocoles locaux lancés en Charente-Maritime en 2023. Selon un arbre décisionnel, les pharmaciens peuvent dispenser bains de bouche et antalgiques, voire si nécessaire instaurer un traitement antibiotique. « Dans les communautés professionnelles territoriales de santé où ces protocoles sont pratiqués, cela marche très bien », se félicite le président de l’USPO.
Distribuer des kits de dépistage du cancer du col de l’utérus
L’Assurance maladie s’est dite « très intéressée » par cette proposition et prête à la relayer rapidement auprès du ministère. La réalisation de cet autotest permettrait aux patientes de gagner du temps dans le repérage et la prise en charge de ce cancer, prévenu dans neuf cas sur dix grâce à un dépistage régulier. « La distribution des kits de dépistage du cancer colorectal a démontré la puissance du réseau officinal. Avec une moyenne de 80 % du taux de conversion de ces kits, nous sommes les professionnels de santé les plus efficaces dans cette campagne », assure Pierre-Olivier Variot.
Prescrire des pilules contraceptives
L’USPO pointe le cas des nombreuses femmes en déshérence médicale, n’ayant d’autre contraception que la pilule du lendemain. « Nous souhaitons permettre à ces femmes d’accéder à une contraception régulière et d’obtenir un suivi gynécologique. » Cette mission s’inscrirait dans une proposition de loi transpartisane sur la santé sexuelle des femmes, qui « devrait bientôt voir le jour », promet le président de l’USPO.
Dépister les infections sexuellement transmissibles (IST)
« La pharmacie pourrait être la porte d’entrée vers le dépistage des IST, par exemple pour les patients qui viennent échanger des seringues dans le cadre de leur addiction », suggère Pierre-Olivier Variot. Depuis 2024, les laboratoires de biologie médicale proposent un dépistage pris en charge de quatre IST en plus du VIH, « mais très souvent, le chemin de l’officine est bien plus court. » Le dépistage des IST en officine sera expérimenté d’ici l’été 2026 en Guyane.
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