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Cancers : seront-ils mieux dépistés d’ici 2030 ?
Au cours du bilan de mi-parcours de la stratégie décennale de lutte contre le cancer 2021-2030, l’Institut national du cancer (InCa) a présenté ses réussites et ses projets en développement. L’occasion notamment de faire le point sur les mesures de dépistage des cancers.
Dans les locaux boulonnais (Hauts-de-Seine) de l’Institut national du cancer (InCa), Nicolas Scotté, le directeur de cet organisme et le Dr Jérôme Viguier, conseiller médical, ont présenté les résultats de la feuille de route 2021-2025 de la stratégie décennale de lutte contre le cancer. Plus de 200 initiatives ont été initiées depuis le lancement du dispositif, soit près de 90 % de l’ensemble des actions prévues, avec un budget alloué de 1,74 milliard d’euros pour les 5 premières années.
Les 4 axes de la stratégie décennale de lutte contre le cancer
- Améliorer la prévention
- Limiter les séquelles et améliorer la qualité de vie
- Lutter contre les cancers de mauvais pronostic
- S’assurer que les progrès bénéficient à tous
Parmi les axes de travail de l’InCa, les mesures de prévention et de dépistage tiennent une place importante avec déjà quelques réussites.
Une réorganisation du circuit d’invitation aux dépistages
Le taux de participation aux dépistages organisés du cancer du sein, du col de l’utérus et colorectal en France reste un axe de travail fort de l’InCa.
Récemment, une réorganisation du dispositif d’invitation des patients ciblés à ces dépistages a été engagée. Désormais, l’Assurance maladie s’est vue confier l’envoi des invitations et des relances, mission auparavant dévolue aux centres régionaux de coordination des dépistages des cancers (CRCDC). Ce dispositif n’est pas encore complètement efficient et les retombées sont encore partielles.
Un taux de participation au dépistage du cancer colorectal stable
Malgré la mise en place de nouvelles modalités d’accès au kit de dépistage du cancer colorectal, incluant la possibilité de passer commande en ligne et la distribution du kit en officine, la participation au dépistage ne décolle pas.
Le taux de participation reste ainsi stable à 29,6 % en 2023-2024 par rapport à l’année précédente (pour mémo les recommandations européennes fixent un seuil minimum de 45 %). « Les signes que nous observons sont tout de même encourageants, précise le Dr Viguier, et de nouvelles pistes sont en réflexion pour augmenter le taux de participation à ce dépistage ».
Cancer du col de l’utérus : une participation au dépistage en augmentation
Le taux de participation au dépistage du cancer du col de l’utérus est en progression avec 60,9 % de participation en 2024 contre 55,8 % en 2023 et 50,7 % en 2019.
Parmi les évolutions attendues, la mise à disposition d’un kit d’autoprélèvement vaginal. « Il s’agit d’un un moyen de dépistage supplémentaire, performant pour la recherche d’HPV, précise le conseil médical de l’Inca. Il a déjà expérimenté dans certains départements avec des résultats encourageants en compléments des stratégies actuelles. Les modalités de mise à position restent encore à définir. »
Parallèlement, le lancement de la campagne de vaccination contre le papillomavirus humain (HPV) au collège en 2023 a porté ses fruits. Ainsi, 48 % des filles et 24,5 % des garçons de 16 ans ont reçu deux doses de vaccin en 2024 contre respectivement 41,5 % et 8,5 % en 2022. « Nous restons dans l’attente de la validation du rattrapage vaccinal contre le HPV aux personnes de 19 à 26 ans, quels que soit leur sexe et leur orientation sexuelle, tel que recommandé par la Haute Autorité de santé » explique Nicolas Scotté.
Difficile dépistage du cancer du sein
Le taux de participation au dépistage organisé du cancer du sein est en légère en baisse en 2024 avec 46,3 % de participation dans la population ciblée. « Les chiffres sont cependant à relativiser, rappelle le Dr Viguier, car on observe un jeu de vase communiquant avec le dépistage individuel qui permet d’ajouter 10 à 20 % de participation supplémentaire en fonction des régions. Ce dépistage dit opportuniste siphonne un peu le dispositif organisé. Parmi les raisons, on peut évoquer le fait que les radiologues ne sont pas très satisfaits du tarif fixé pour le dépistage organisé. Par ailleurs, la démographie des radiologues est en baisse et l’accès à des professionnels qualifiés est donc compliqué. »
Le dépistage du cancer du poumon : lancement d’une étude en 2026
Le lancement du programme pilote de dépistage des cancers du poumon, intitulé « Impulsion » , devrait débuter au deuxième trimestre 2026.
Le Directeur général de l’InCa précise que « les premières inclusions ne sont pas prévues avant début mars. Pour le moment, la mise en route du dispositif a permis l’identification et la formation des professionnels concernés et la conception d’un programme de sevrage tabagique. Pour le moment, 5 régions sont impliquées : l’Île-de-France, Auvergne Rhône-Alpes, Provence-Alpes-Côte d’Azur, Hauts-de-France et Pays de la Loire. Sur la première année, environ 20 000 inclusions dans le programme sont prévues ».
Et pour la période 2026-2030 ?
Le 4 février 2026, la seconde feuille de route 2026-2030 sera dévoilée sous le haut patronage du président de la république permettant de poursuivre les travaux prévus et d’annoncer de nouveaux dispositifs.
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